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Né d’une initiative étudiante, memo! est une plateforme de diffusion des mémoires de DNSEP design graphique. Ce site a pour but de valoriser la recherche étudiante dans le champ du design graphique en France.

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02.06.23 – 02.06.23

Les Ateliers du Garonne

1 avenue du château d'eau, Toulouse

Festival Le Nouveau Printemps

Retrouvez memo! au festival Le Nouveau Printemps à Toulouse, 02.06.23 – 02.07.23

Il résonne encore au creux des vallées

Zoé Lauberteaux,
ESADHaR Havre, 2024

Les villes, les campagnes, les forêts, les prairies, les routes, les ponts, les cours d’eau… Balayer du regard le paysage, c’est percevoir les lieux qui attrapent la lumière. Entre les immeubles, en lisière des bois, le long des chemins et des rivières, il y a des horizons plus courts que d’autres, des espaces en retrait, des terrains en attente, des recoins oubliés, des reliquats non exploités. Percevoir le paysage, c’est aussi reconnaître ses ombres et ses creux, là où cette lumière est plus rare. Ce mémoire est un voyage au sein des marges, des friches et des ruines. Combien d’usines du siècle passé dressent péniblement leurs cheminées, cachées dans la pénombre, sombrant dans l’oubli  ? Délaissées de nos mémoires et de nos territoires, les friches existent dans un entre-deux que Gilles Clément nomme le « Tiers paysage ». Que faire de ce qui disparaît dans l’ombre ? Doit-on laisser ces lieux anciennement industrialisés s’effacer  ? Entre exploration de friches familiales et analyse d’une ruine universelle, ce mémoire questionne le rôle du designer graphique comme gardien d’un paysage mémoriel individuel et collectif.

L’écrit comme preuve d’authenticité : toujours une vérité à l’ère numérique ?

Chloé Dubos,
ESAD Amiens, 2024

L’écrit manuscrit a longtemps été érigé comme la preuve maîtresse en raison de sa permanence et de sa stabilité. Contrairement à la parole, il propose une forme tangible de communication, qui peut être référencée et réexaminée à tout moment. L’écriture, apposée sur le document, peut prendre une infinité de formes et exprimer une variété d’intentions, qu’il s’agisse d’une pensée, d’un sentiment, ou, encore, d’un engagement, reflétant ainsi la singularité et l’identité de chaque personne. Mais avec le développement des nouvelles technologies, la valeur authentique de l’écrit a été remise en cause. La virtualité et l’instantanéité ont remodelé nos interactions avec les mots. L’écrit est devenu éphémère, soumis à des altérations. Il convient donc de se demander si l’écrit constitue toujours une preuve d’authenticité à l’ère numérique. À travers une étude menée dans trois domaines reposant essentiellement sur l’écrit, j’explore des nuances complexes qui proposent une compréhension approfondie des défis contemporains, liés à la préservation de l’authenticité dans l’univers de l’écrit. Mon mémoire tend à ouvrir une réflexion sur la redéfinition de l’authenticité, à une époque où l’écrit peut être altéré en un simple clic.

Les normes sont faites pour être transgressées

Loraine Martini,
ESAD Amiens, 2024

Cet écrit est une exploration de la dynamique complexe entre normes et transgressions dans le domaine du design de livre. Chaque standard trouve ses origines au sein d'une expérimentation, d'un essai, et chaque transgression s'émancipe des normes déjà en place. Abordant le sujet de l'interaction entre créateurs et société, et passant par la remise en question des conventions établies, ce mémoire dévoile comment les normes émergent et les problématiques auxquelles elles répondent. Cette réflexion offre une vision de la coévolution constante entre normes et pratiques novatrices, témoignant du rôle central du design de livre dans la construction culturelle de la société. Les normes sont, en effet, faites pour être transgressées.

À la marge : Réflexions sur les territoires troubles entre art contemporain et design graphique.

Emma Kildea,
ESAD Amiens, 2024

Lorsque le design graphique fait la rencontre explosive de l’art contemporain, il semblerait que l’ensemble de la communauté s’embrase autour de débats tumultueux. Lorsque le graphisme s’aventure dans ces « territoires troubles », qu’advient-il réellement ? À travers l’étude des différents cas de figure où les deux pratiques se rejoignent, ce mémoire présente l’analyse des différents discours ainsi que les collaborations qui peuvent découler entre les acteur·ices du graphisme et de l’art contemporain. À la suite d'un stage au FRAC Picardie, je me rends compte que la relation entre le design graphique et l'art contemporain est une thématique qui me questionne depuis plus longtemps que je ne le pensais. Le DNSEP à l'Ésad d'Amiens présente donc pour moi l'occasion d'enfin réfléchir et écrire sur cette thématique qui me tiens à cœur, et de déceler les différents enjeux des pratiques rassemblant ces deux domaines; souvent à la marge de la création graphique plus classique. La citation qui suit ne saurait mieux résumer la pensée qui a animé mon écriture : « C’est dans la confrontation avec le monde de la création que se pose de la manière la plus aiguë cette question du rôle du graphiste, ou du moins est-ce le contexte sans doute le plus pertinent pour la poser. N’est-ce pas aussi dans ces domaines que les graphistes peuvent, plus qu’ailleurs, être incités à aller au-delà des formules convenues, à expérimenter, à questionner l’ordre des choses graphiques, voire à participer à la création elle-même ? [...] La figure du graphiste et celle de l’artiste peuvent tour à tour se rapprocher, diverger ou se confondre. » Sandrine Maillet et Anne-Marie Sauvage, Graphisme et création contemporaine en France dans les années 2000.

Ciao, une vue fantomatique sur les objets du design graphique

Roxanne Anèse,
ESAD Reims, 2024

Ciao est un mémoire, un fantôme. Le début des adieux à une école, à une façon de faire. C'est une histoire d'amour que je raconte au travers d'objets fragiles, transparents, semi-absents. Des objets qui, dans leur disparition, anticipent et préviennent la nôtre. Loin de la déprime, je lance des blagues et analyse des fantôme-bananes sur lesquels on peut glisser parfois.

Au-delà du mur de son : La rave, de l'expérience à la culture

Julie Doriath,
ESAD Amiens, 2024

Boum, boum, boum. Ce mémoire expose une vision approfondie de la rave, afin que vous, lecteur·ices, ayez un regard plus juste sur ce phénomène. J’ai tendance à dire que « la rave a dépassé la rave ». Dans le sens où elle est allée au-delà d'elle-même dans ses mutations. Il s’agit de poser un regard critique sur cette expérience qui mute vers une culture à part entière, et de tenter de dépasser les stéréotypes sur ce mouvement pourtant riche.  Mes réflexions permettent, dans un premier temps, de justifier la nécessité de considérer la rave comme une culture, puis comme une culture artistique et de design, jusqu’à comprendre et questionner sa présence dans les institutions d’art. Je mène une enquête sur le terrain qui me conduit des hangars bruts jusqu’à la découverte de nouveaux formats de fêtes. En parcourant le voyage initiatique du mouvement d’après l’expérience de ses acteurs et de leurs initiatives, je dresse ainsi le tableau de la rave protéiforme.  À travers les battements de la musique, tentons d’entrevoir de nouvelles façons d’appréhender et d’apprécier la rave.

Broder l'amour, parler de soi

Anne-Sophie Avril,
ESAD Amiens, 2024

Les foulards de l’amour ou lenços de amor, sont des broderies qui trouvent leur origine dans l’art populaire portugais. Au-delà de leur aspect décoratif, ils reflètent une profondeur culturelle et symbolique en tant que support d’expression traditionnel pratiqué par les femmes portugaises du XIXe et XXe siècle. Initialement conçus pour être offerts aux hommes afin de témoigner de leur affection, ces foulards brodés reflètent avant tout l'identité de ces femmes, qui y trouvaient un moyen de rêver, de douter, mais surtout de s'exprimer. Dans ce mémoire, chaque élément est étudié pour comprendre le contexte dans lequel ces objets s’articulent, des symboles traditionnels aux esthétiques typographiques, en passant par son aspect matériel et technique. En somme, ce mémoire offre un portrait détaillé de cet artisanat, tout en mettant en lumière les femmes qui y ont contribué et en comprenant les différents aspects de leur vie quotidienne et de leurs aspirations.

Archive Invisible

Céline Lemaire,
ISBA Besançon, 2023

Il y a, dans le monde, des lieux, où sont préserver toutes les graines du monde. Des lieux où certains les classent, les répertorient, les comptent, les analysent... Pourquoi ? C’est une question que je me pose, tout au long de ce mémoire. Entre fiction et réalité, j’y mentionne des banques de graines, comme celle du Svalbard en Norvège, de la ferme de Navdanya, fondée par Vandana Shiva ou encore du «catalogue des espèces et variétés». Dans «Archive invisible», j’explore les différentes raisons et manières de préserver des graines, les archives comme témoins du passé, la censure, ou encore les différentes missions des banques de graines, d’échanges et de partages, mais aussi, de l’industrie capitaliste de ces mêmes graines.

Décélération in\volontaire

Élisa Yuste,
ESAC Cambrai, 2023

Réflexions sur un modèle de travail, son rythme et ses exigences d’aujourd’hui, et la façon qu’il a d’affecter nos corps et nos esprits. Nous vivons dans une société en perpétuelle accélération dont les normes pesantes (normes temporelles, norme travail, corps normés, etc.) incitent à faire toujours plus, plus vite. En dépassant nos limites, nous connaissons pour certains des contres-coups violents (handicap, dépression, maladie, etc.). Il ne tient qu’à nous de regarder les alternatives, les contre-modèles et contre-rythmes possibles. Entre réflexions sociologiques et récit personnel, ce mémoire alerte sur les dangers d’un certain modèle et recherche des alternatives pour travailler, pour créer, pour vivre autrement. Aux ouvrages critiques du domaine des sciences humaines s’ajoutent des références artistiques, littéraires et cinématographiques, afin de mieux comprendre les enjeux d’une décélération involontaire \ volontaire.

Montrer, regarder et penser par l'image

Arthur Chaput,
ENSBA Lyon, 2023

Le travail des artistes iconographes repose sur l’appropriation et la collecte d’images trouvées, collectées, classées et réorganisées. De cette pratique méticuleuse peut émerger la question de la réexposition, c’est-à-dire montrer ce qui a déjà été montré auparavant. L’enjeu pour ces praticiens étant de réinsérer ces images dans des contextes d’apparition inédits. Seulement quels effets cela peut-il produire ? Il s’agit de définir et de comprendre les multiples effets que cette réexposition engendre sur notre perception des images, ainsi que sur la signification des images entre elles, via ses différents supports et dispositifs de monstration. Ces derniers allant de l’objet éditorial à l’espace d’exposition, en passant par l’écran numérique. Que nous disent ces images sur notre façon de voir? Comment performent-elles et par quels moyens le font-elles ? À une époque où l’image est devenue omniprésente et surtout largement reproduite, c’est ce que certains artistes, photographes et designers tels que Julie Peeters ou Jonathan Monk aiment à expérimenter et à questionner dans leurs pratiques.

Les mo̶t̶s̶aux

Inès Fonta,
ESAD Valence, 2023

La dyslexie est un trouble dys qui se manifeste par une difficulté à déchiffrer les mots. Ceci entraîne une lecture très hésitante, ralentie, pleine d’erreurs et qui, bien sûr, demande beaucoup d’efforts pour celui ou celle qui en souffre. Ils rencontrent aussi des difficultés de concentration et de mémorisation. Dans ce mémoire, j’ai voulu sensibiliser à ce trouble. Sensibiliser mes lecteurs de la même manière que j’aimerais sensibiliser l’entourage des dyslexiques : leurs parents, leurs amis, leurs professeurs,... Et surtout les dyslexiques eux-mêmes. J’essaie d’identifier les moments historiques autour de la dyslexie, les dates importantes, les études qui nous ont permis d’avancer dans la recherche mais surtout d’éloigner certaines hypothèses. Il est très important de donner la parole à ces personnes dyslexiques qui, la plupart du temps, sont rarement capables de s’expliquer clairement sur ce trouble. Il était aussi intéressant d’étudier ce qui s’est fait ces dernières années pour accompagner les dyslexiques d’un point de vue du design. Ce thème sera aussi abordé dans les différents entretiens. La macrotypographie reste aussi un point de design crucial pour les personnes dyslexiques puisque le design graphique et en particulier la typographie joue un rôle de soutien au confort de la lecture et facilite donc la compréhension. On remarque qu'on arrive à mieux identifier les problèmes des personnes dyslexiques et que le design graphique, en particulier la macrotypographie, peut faciliter la lecture et bien sûr son apprentissage. On naît dyslexie et on le reste !

Réparer les ruines de Babel

Manon Guichard,
ENSBA Lyon, 2023

Si l’on se réfère à la Bible, au commencement, Dieu donne au premier homme le langage. Ce cadeau divin, appelé langue adamique, est commun à tous les hommes. Ce n’est qu’après la destruction de la tour de Babel, narrée dans la Genèse, que les idiomes deviennent multiples, et que la compréhension universelle disparaît. Retrouver la langue adamique, considérée comme parfaite car divine, est un idéal. Sa quête est une obsession de toutes les époques, et si les hommes de l’Antiquité et du Moyen Âge tentent de la trouver parmi les langues existantes, les lettrés des Lumières, eux, cherchent à la créer de toute pièce. La mise au point de pasigraphies, littéralement des «écritures pour tous», est un moyen pour leurs créateurs d’entamer cette recherche de l’universalisme linguistique. Une question demeure : cette quête n’est-elle pas illusoire, voire futile ?

Du mal à tourner la dernière page

Malou Chapurlat,
ESAD Valence, 2023

Il est toujours difficile de tourner la dernière page d’un livre, y lire le mot « fin », de lancer l’épisode final, de sortir de la salle de cinéma, de revenir à la réalité. Mais une œuvre fictionnelle posséde un avantage : elle n’est jamais finie. C’est pour cela que certains passionnés décide de pousser les limites de leurs oeuvres préféré pour l’étendre et l’explorer. La fanfiction peut être considérée à mon sens comme une marque d’amour à l’univers d’un·e auteur·ice. C’est une volonté d’ajouter de sa plume au récit qui nous fais tant voyager. La frustration de ne pas avoir assez d’informations sur l’univers ou les personnages qui nous fascinent a permis à des millions de fan de créer des fictions et de se regrouper. Dans ce mémoire, je mets en lumière et décortique une culture internet qui prends ses origines avant même l'invention du web. J'y raconte également comment le statut fan peut évoluer, pour passer d’une personne qualifiée à tord comme un être assommé par l’objet de son adoration, à un·e créateur·ice passionné·e, mettant son intelligence au service d’une création collective.

La notion d'appropriation au cœur du design graphique militant de la 4e vague féministe française

Salomé Rebierre,
ESAD Pyrénées / Pau, 2023

Mentionnée dès 2005 par la journaliste Pythie Peay dans un article dans lequel elle la décrit comme axée sur la justice sociale et les droits civils, la 4e vague est souvent considérée comme débutant en 2017 avec la déferlante #MeToo. Marquée par la massification des médias sociaux, ses sujets de prédilection sont le harcèlement au sens large ainsi que la culture du viol. Elle est décrite comme provocatrice, irrévérencieuse voire insolente, en tous cas plus que les autres vagues. En son sein, les militant.e.s parviennent à s’approprier les images et les mots de l’époque pour en faire des outils de lutte. Dans ce mémoire, je me suis penchée sur les divers codes typographiques, iconographiques, symboliques ou encore terminologiques que les militant.es ont sû s’approprier et détourner à leur avantages, en puisant dans le design graphique mais aussi la culture populaire à travers le cinéma, les réseaux sociaux, les mythes, la littérature, la culture internet, les gifs, les mêmes, les séries, etc. Je traite aussi de la façon dont le design graphique et les idées des vagues féministes précédentes se sont poursuivis ou non au sein de l’actuelle ainsi que les nouvelles formes militantes qui ont émergé avec l’utilisation des médias sociaux et d’Internet. L’appropriation constitue en effet un outil de création visuelle et vecteur de messages abordables et compréhensibles, faisant prendre conscience aux femmes et aux minorités de leur propre agentivité au sein de cette 4e vague.

Sedan

Baptiste Coppée,
ESAC Cambrai, 2023

La rédaction de ce mémoire se base sur ma collection personnelle d'objets sportifs, son format fait écho à l'album Panini. Chaque chapitre est inspiré par l'un de ces objets, renfermant chacun des souvenirs. C'est à travers chacun d'eux que ce construit le fil conducteur de ce mémoire. En partant de mon expérience personnelle, de l'histoire du graphisme et de la communication, de recherches anthropologique sur le football et d'exemples de muséologie participative, j’analyse la situation sociale du supporter de football tout en proposant un questionnement sur l'importance de la collecte graphique et la conservation du patrimoine populaire. Sans le football, que devient Sedan ? Peut-elle trouver un second souffle par le biais du design?

Expressivité discrète

coline houot,
ESAD Valence, 2023

Lorsque j’emprunte ou achète un livre, j’ai le réflexe d’examiner l’objet sous tous les angles : la couverture, le type de reliure et de papier, la composition du texte dans la page, le caractère typographique utilisé… Cette manie m’a conduite à vouloir étudier de manière approfondie la typographie, ses utilisations, les théories qui leur sont afférentes, les réflexions menées à ce sujet. À la différence d’une étude historique, ce mémoire, réalisé en Web to Print, présente des aspects de la typographie ayant suscité mon intérêt. Ma réflexion se compose d’une succession de rencontres diverses, ayant contribué à nourrir une question plus large : ça serait quoi dessiner un caractère typographique aujourd’hui ? Interrogation qui découle de la lecture de l’article “We don’t need new fonts…” écrit par Peter Bil’ak, typographe créateur de la fonderie Typotheque et membre de l’Alliance Graphique Internationale. Il nous dit : « Il est temps de réfléchir à nos motivations de dessiner de nouveaux caractères. Bien qu’il n’y ait aucune raison de créer de nouvelles fontes sans inspiration, il existe néanmoins des typographies qui n’ont pas encore été réalisées et dont nous avons besoin. » (Peter Bil’ak, “We don’t need new fonts…”, 8 Faces, no3, 2011)

Mode prospective et Art : un futur organique

Elodie Shao,
ESAD Amiens, 2023

Avec les enjeux de notre époque : technologiques, écologiques, économiques et éthiques, de quelles manières tendons-nous aujourd’hui à expérimenter la mode et la création textile ? Nourri par des références artistiques parlantes de notre époque anthropocène, ce mémoire aborde la mode prospective. Il apporte un regard sur des approches novatrices en termes de créativité et de durabilité dans la production vestimentaire, donnant le ton du devenir de la mode. Des designers s’emparent de nouveaux outils, croisent le travail manuel à l’utilisation de machines, ou encore recomposent avec des textiles récupérés dans une démarche responsable. Ces hybridations donnent lieu à des habits singuliers, voire poétiques. La pratique des créateurs est enrichie par la rencontre avec divers domaines d’ingénierie, comme le génie biologique et l’informatique. Ainsi, les connaissances technologiques et biologiques acquises au cours des derniers siècles peuvent être investies dans la recherche plastique, tout aussi bien que l’élaboration de solutions plus respectueuses de l’environnement et de l’humain.

Flamme

Thomas Ladret,
ESADHaR Rouen, 2023

Pour l’entièreté de notre corps qui crie, pleure, fredonne, saute, pulse, grandit, s’émerveille, danse, chante, découvre, colorie, s'alimente, crée, se construit et évolue en même temps que nos découvertes musicales, ce mémoire matérialise l'ampleur et l'amour pluridimensionnels qu'offre la musique. Flamme tente de mettre des mots sur tout ce que provoquent ces artistes, chansons, textes, vidéos, images, pochettes, décibels, technologies, moyens de diffusions, (et bien plus encore) d'un point de vue personnel et professionnel (en tant que designer graphique). Un travail de mise à distance de tout cet enthousiasme tout en considérant sa force. Décomplexer notre écoute musicale. La flamme, un éclat impalpable mais constant, ne cessant de brûler, briller, cramer, exploser jusqu'à faire de nous des êtres amoureux, sentimentaux, épanouis, concernés et engagés. Le temps de cet écrit gravé à vie, Musique, je te déclare ma/mes flamme(s).

Web et Design

Thibault Junca,
ESAD Pyrénées / Pau, 2023

"Web et Design" est un mémoire s'intéressant aux spécificités des rencontres entres les pratiques du web et du design graphique, au-delà du seul webdesign. Il cherche notamment à comprendre comment le web peut permettre de penser différemment le design graphique afin de se rapprocher des différentes utopies sociales dévellopées tout au long de son histoire. Ce mémoire prend la forme d'un site web protéiforme. Chaque partie est pensée comme un site web à part entière et possède une mise en forme spécifique au sujet développé.

Du mycélium aux pratiques symbiotiques : à l'aube de nouveaux paradigmes

Alec Vivier-reynaud,
ENSAD Paris, 2023

Toute substance organique devient un jour acte de décomposition et de lutte, il serait tentant de suivre la courbe logique de l’évolution, le mycélium, lui, n’est pas qu’une parenthèse dans l’histoire. La cosmologie fongique offre des perspectives au combien positives à explorer. Enfant, mes pas rencontraient souvent ceux de ces excroissances sur le sol forestier. Ma grand-mère et moi avions cette habitude, celle de se promener quotidiennement parmi ces derniers. Je les voyais de mes yeux, ces [mondes-en-train-de-se-faire] qui nous enserrent. Figure biologique de la symbiose, le mycélium s’amuse des liens avec autrui, et les transgressent sans distinction de frontières ; un véritable symbole d'un dynamisme du temps qui pousse sur des sols calcinés, aide les arbres à repousser, peuple nos assiettes et crée des communs latents précaires. Faire corps-à-corps avec le mycélium pourrait-il nous aider à reconsidérer et ouvrir nos modes d’existences  ? Dans quelle mesure l’inclusion d’organismes vivants peut-il contribuer aux disciplines design et les faire entrer dans des dynamiques mutatoires ?

J'ai écrit un mémoire sur les mèmes

guillaume vrignaud,
ESAL Metz, 2023

Le mème est un outil au même titre que nos smartphones. La communauté qu’est le numérique s’auto-gère et s’auto-alimente. Elle donne matière à réfléchir, à débattre, à reprendre, à refaire, à démonter, à créer, à améliorer. L'échange permanent, d’un espace où tout le monde se rencontre amène donc nécessairement à questionner l’auctorialité. Où s’arrête la frontière entre la création, le partage et l’appropriation ? Ce mémoire se fonde sur une recherche d’identité à travers une prise de positionnements entre le privé et le public, l’amateur et le professionnel, le drôle et le sérieux.

Jamais lien sans l'autre : la ligature, une étreinte typographique

Héloïse Blume,
ENSAD Paris, 2023

Il me semble que nous sommes sensiblement tous·tes réceptif·ves aux liens qui se tissent entre chacun·e dans ce monde que nous partageons. André Breton affirme que « la rencontre arrive lorsqu’elle transfigure deux personnes ». Pour peu que nous y soyons ouvert·es, chaque rencontre conduit à nous adapter, nous rend malléables et mène alors à une connexion entre l’autre et soi. La rencontre devient créatrice. Ligature, vient de ligatura, du latin ligare qui signifie « lier ». Nous le définissons comme la fusion de deux, trois graphèmes voire plus, d’une écriture pour en former un nouveau. Les caractères deviennent alors inséparables et indissociables. Ils ne forment qu’un. Ils se fondent l’un dans l’autre, menant ainsi à une métamorphose de ce qu’ils étaient indépendamment. Nous pouvons, ici aussi, parler de rencontre. La ligature devient alors une métaphore du lien entre deux êtres entrant en symbiose. Du geste, en passant par la voix, menant à la rencontre, ce mémoire de recherche aborde la ligature en typographie sous plusieurs angles dans la volonté d’apporter un éclairage sur cette spécificité typographique. Est-elle un savoir typographique qui se perpétue, un appel au souvenir ? Comment dire la ligature ? Quelle place occupe-t-elle dans le langage oral ? La ligature peut-elle être la retranscription d’un sentiment abstrait ? Quelles sont ses approches symboliques ? Qu’en est-il des ligatures au-delà de la culture occidentale ?

Ainsi, fonte fonte fonte

antoine brun,
ENSAD Paris, 2023

Mon mémoire, Ainsi fonte fonte fonte, se questionne sur la massification de la typographie et de son accessibilité de création. Je m'intéresse notamment à l’impact des progrès sociaux/techniques/économiques sur la création de caractères en m'appuyant tout particulièrement sur les notions d’amateurisme vs professionnalisme, outils vs œuvre, etc. En outre, j'essaie de retracer un bilan de ce que signifie produire des polices de caractères aujourd'hui afin d'esquisser une pensée prospective de notre métier.

Calligraphie pour l'ordinateur

Elisa Garzelli,
isdaT Toulouse, 2022

La création typographique est prolifique, les projets de dessin de caractères sont nombreux et variés, mais majoritairement dédiés à l'écran et surtout à l'imprimé. Un autre terrain est encore peu développé bien que la demande soit importante : les typographies pour la gravure de lettres. Alors que les outils numériques de création de caractères sont à même de composer pour l’un ou l’autre domaine, la gravure de lettre est très peu investie par les typographes.

Renouveler les expériences de lecture : le design graphique au service de la littérature

Carla Richard,
ESAD Pyrénées / Pau, 2023

La mort du livre a été prédite à de maintes reprises. On a dit que les sites Internet remplaceraient les livres de cuisine, de bricolage, les livres scolaires. On a pensé que la liseuse ferait fermer des librairies et que les plateformes de streaming transformeraient les lecteurs en spectateurs. Pourtant, jamais autant de titres et d’ouvrages édités n’ont été produits. (…) Quelques décennies plus tôt, on avait dit de la radio qu’elle s’éteindrait avec l’arrivée de la télévision, ces prédictions furent, encore une fois, erronées. En témoigne le succès que connaissent les différentes émissions de podcasts ces cinq dernières années. Il semble donc qu’une technologie récente n’en enterre pas une autre et que le désintérêt d’un public pour un média ou un objet culturel ne dépend pas du support et de ses caractéristiques fondamentales, mais bien plus de la forme qu’il revêt et de sa capacité à se renouveler, à s’adapter. Dans le cas du livre et plus particulièrement de la littérature, comment parvenir à se renouveler ? Et pourquoi le faire ? (…) Le livre doit-il demeurer tel qu’il a toujours été ? Ou bien doit-il évoluer pour entrer en concurrence
dans la guerre de l’intention qui se joue actuellement ? Et comment le design graphique peut-il participer de ce changement ?

Moving Libraries

Mathilde Robert,
ENSBA Lyon, 2023

Les bibliothèques itinérantes issues des réflexions sur les bibliothèques "circulantes", ont fait apparaître récemment l'installation de bibliothèques éphémères ou encore de bibliothèques numériques. Chacune d'elles offrent des dispositifs permettant de re-qualifier le statut a priori statique de la bibliothèque. Toutes ont en commun un désir de vouloir créer un appareil de diffusion et de circulation des livres et objets imprimés, en re-questionnant leur rapports aux lecteurs.

L'objectif, étude des missions photographiques françaises

Suzanne Rouzeau,
ENSBA Lyon, 2023

Les missions photographiques en France sont initialement des commandes publiques passées à des photographes, dont le rôle est de produire des images pour documenter le patrimoine. Ils visent l’objectivité, au plus proche du réel. Mais peut-on rester neutre quand on doit être « objectif » ? En France, la première mission héliographique de 1851 a entraîné la restauration de nombreux édifices. Plus tard, les photographes engagés par la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale) dans les années 1980 ont suivi des cahiers des charges très précis. Mais sont-ils pour autant parvenus à rester «neutres» ? Cette mission, qui consiste à valoriser le paysage français, oriente les photographes en indiquant des manières de procéder. Les missions photographiques ont également un rôle déterminant dans la conservation mémorielle et architecturale du patrimoine et ce depuis, on l’a noté, la seconde moitié du XIXe siècle. Presque deux siècles plus tard, Eric Tabuchi et Nelly Monnier entreprennent une autre type de mission, celle-ci auto-commissionnée, la création de l’Atlas des Régions Naturelles. À travers ce projet, ils photographient des édifices vernaculaires, parfois abandonnés, et jouent entre l’existant et l’imaginaire du paysage. Si les photographies sont témoins d’un instant, d’un cadrage et d’une personne derrière l’objectif, alors peuvent-elles tendre à la neutralité qu’exigerait une mission, privée ou publique ?

D'une page à l'autre : de l'objet livre à sa forme numérique, & de l'écran au papier

Jiajing Wang,
ESAD Pyrénées / Pau, 2023

Ce mémoire est consacré à l’exploration de nouveaux modes d’édition hybride, en examinant la conversion bidirectionnelle du papier à l’écran et de l’écran au papier. En d’autres termes, du papier à l’écran et de l’écran au papier, qu’est-ce qui se perd et qu’est-ce qui se crée dans l’hybridation de ces deux médias ? Et comment les designers graphiques abordent-ils ces enjeux ou y donnent-ils suite. La page joue un rôle important dans leur processus d’hybridation. Le terme page semble s’appliquer davantage à la définition d’un document imprimé avec des contraintes physiques. Cependant, lorsque nous parlons du Web, la définition traditionnelle de la page n'est pas encore suffisante. De l'objet livre à sa forme numérique, les publications numériques sont-elles délimitées par la page ? Dans le processus inverse du passage d'une page à l'autre : c’est de l’écran au papier. À mesure que le contenu passe du Web à l'imprimé, nous devons tenir compte des limites imposées par les formats physiques. Nous devons donc repenser la page, c'est-à-dire que la difficulté consistait à découper une page fluide en une page de taille fixe.

Bling Bling

Manon Brunel,
HEAR Strasbourg, 2023

Bling Bling est une exploration du tuning. Le tuning, aussi appelé personnalisation automobile ou custom, est une pratique qui consiste à modifier un véhicule de série pour l’individualiser; ces modifications peuvent être esthétiques ou mécaniques. Dans mon mémoire, je tente de retracer l’évolution de notre relation à la voiture ainsi que les origines de la personnalisation automobile. J’évoque également sa représentation dans l’imaginaire collectif en France, mais aussi son organisation, ainsi que ses acteurs et leur besoin de subjectivation. La pratique du tuning permet de créer des lieux d’échanges et de partage des savoir-faire. J’ai donc souhaité aborder la question de l’individualisation de la reconnaissance et de l’empuissancement que procure cette activité non conformiste. Comment le tuning, qui est une pratique populaire, participe-t-il d’une identité narrative ? D’où viennent les motifs récurrents de la customisation automobile ? Mais aussi, quelles places occupent les femmes au sein de cette pratique ?

Littérature, Couverture & Signature graphique

Émilie Guesse,
ENSAD Nancy, 2023

" Faire une couverture c'est toujours faire d'après d'autres couvertures. " s.n Histoire des couvertures littéraires françaises, de l'apparition du livre broché au succès de la Blanche, du refus de l'illustration à sa popularisation. Quels sont les enjeux des signatures graphiques littéraires ? Quelles sont les maisons d'édition qui ont su se les approprier ?

Le croisement des lignes

Maëlle Ledu,
EESAB Rennes, 2023

Pour mon master, j’ai présenté un mémoire sur le dessin dans l’affiche contemporaine. J’ai divisé ma réflexion en deux grands axes. Dans un premier temps, je pose une définition de ce que je vais considérer comme du dessin au travers de mon analyse des supports, et je reviens sur les usages de celui-ci dans le design graphique en général. Le dessin est utilisé par de nombreux graphistes comme trace mentale de leur activité créatrice et comme support de réflexions préliminaires à un projet. Puis, dans un second temps, je m’appuie sur plusieurs sélections d’affiches de la Biennale internationale du design graphique de Chaumont. Au regard de ces sélections, je montre que dans la plupart des cas l’usage du dessin s’hybride, c’est à dire qu’il se mélange à d’autres techniques telles que la photographie et la typographie. Dans ma conclusion, j’interroge les frontières du design graphique, lorsqu’il mélange dessins, illustrations, peinture, photographie, typographie.

Le Labyrinthe de la Genèse - Un mémoire dont vous êtes l'hérosïne

Hugo Amenouche,
isdaT Toulouse, 2023

Attention, avant de commencer la lecture de ce livre vous devez savoir qu’il propose une lecture un peu particulière. Vous vous apprêtez à incarner un·e graphiste fraîchement diplômé·e et pourtant déjà désemparé·e, mais ne vous inquiétez pas, cela ne devrait pas durer (du moins si vous faites les bons choix). Le texte est découpé en plusieurs parties. Chacune de ces parties est numérotée. Tout au long de votre lecture vous passerez d’une partie à l’autre en suivant vos propres choix et l’ordre indiqué dans le texte. Vous devriez normalement pouvoir lire l'intégralité sans avoir à y penser, mais n’hésitez pas à noter les numéros par lesquels vous êtes passé·e pour en être sûr·e. Si le livre ne vous propose pas de vous rendre à un numéro indiqué en gras, alors vous pouvez avancer page après page comme dans un livre tout à fait classique. Vous voilà fin prêt·e, désormais il ne vous reste plus qu’à tourner la page.

Réflexion historique et typographique de la Croatie du XIXe siècle à nos jours

Manau Quellec,
ESAD Amiens, 2023

La Croatie fait partie des pays slaves du sud anciennement fédérés par la Yougoslavie, passant d’une fédération multinationale à une union continentale (Union européenne) en à peine trois décennies. Depuis les débuts des grandes civilisations, c’est un lieu de jonction autant que de frictions et de heurts. Entre monde latin et grec, slave et gréco-latin, cultes orthodoxes et catholiques, Chrétienté et Islam. Cette articulation de langues, de dialectes, de traditions religieuses différents va se traduire par une force d’assimilation et d’adaptation de ces peuples à d’autres cultures, questionnant sans cesse leur propre identité. L’écriture latine, le cyrillique, l’arabe, le grec et le glagolitique se sont côtoyés à un moment dans cette partie du monde. Cette recherche d’identité se retrouve dans les productions des designers balkaniques d’hier et d’aujourd’hui, tantôt poussés vers une pratique multiscriptuelle, tantôt vers l’édification nationaliste d’un système typographique unique. Ce mémoire tente de baliser et d’entrevoir les enjeux historiques et contemporains des créateurs de caractères croates. Il retrace une réflexion entamée pendant une enquête de terrain de trois mois en Croatie.

Des livres paniers - récolter pour transmettre par l'expérience témoignée

Anna Philippi,
isdaT Toulouse, 2023

Des livres paniers parle de transmission d’histoires militantes par l’édition et invite à imaginer les livres comme de potentiels contenants de mots, d’images, de documents ou d’archives pour les conserver, les déplacer et les transmettre à d’autres. Cinq livres faits par des micro-auteurices/éditeurices sont questionnés sur leurs différents contextes et situations d’écriture, leurs formes, les sujets qu’ils abordent, leurs rapports à l’auctorialité, leurs diffusions, etc. Quelles sont les possibles méthodologies de récolte des éléments qui constituent ces livres, comment sont-ils ensuite partagés et transmis, et puis, pour quelles raisons décide-t-on de les éditer et diffuser ?

Vers la sobriété numérique

Anaël Le Gall,
ESAC Cambrai, 2023

Comment inscrire le développement du numérique dans des problématiques éthiques et de soutenabilité énergétique ? Ce mémoire se divise en trois partie. Une première qui traite des enjeux actuelles liés numérique, que ce soit sur le plan économique, social ou environnementale, ainsi que des différents acteurs de ce milieu. La seconde partie est portée sur les technique de création numérique dîtes low-techs, avec une analyse du site du low-tech magazine. Il est également question d'aborder des règles de conception pour transiter vers un espace web plus éthique. La dernière partie aborde l'open-source, notamment de ses applications pour le designer et de sa quasi nécessité dans l'environnement du logiciel créatif, qui est aujourd'hui centralisé autour de quelques entreprises.

Hi kifik ça va ? Cohabitation des langues écrites, regard sur les scripts arabe et latin.

Solenne Madi,
EESAB Rennes, 2023

Je me souviens du flot d’information quand on sortait de l’aéroport de Beyrouth. Je me souviens de la chaleur et le brouhaha du mélange des langues. Le multilingue est partout, les panneaux de direction, d’information, les publicités, les devantures des magasins. Ce mélange a toujours fait partie de mon quotidien et dans ce mémoire je l’analyse d’un point de vue graphique et comme moyen de communication. Le multi script, qu’il soit oral ou écrit, est présent depuis des décennies, mais un réel travail graphique est réalisé seulement depuis quelques années. Le retour d’expériences de graphistes et de typographes m’a aidée à comprendre les enjeux derrière la cohabitation de ces deux scripts et a mis en lumière des questions d’évolution typographique et de respect des cultures. Le multi script reste un domaine vaste, complexe et particulièrement subjectif, dont presque tout reste à explorer.

Écosystèmes graphiques de la lutte écologique française contemporaine

Amaïa Brunet,
EESAB Rennes, 2023

Les prémices de la lutte écologique ont été semés en 1962, par une biologiste marine américaine nommée Rachel Carson avec son livre Printemps Silencieux. Un des premiers objets éditoriaux de diffusion d’un message écologique alertaient déjà à l’époque des impacts négatifs des OGM et de l’importance de préserver l’environnement qui nous entoure. Cinquante ans plus tard, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé en 1988) publie un énième rapport catastrophique sur l’avenir de la Terre face au réchauffement climatique. Depuis peu, la lutte écologique; essentielle, infuse dans tous les champs en passant par le milieu culturel. Elle apparaît aussi dans le champ du design graphique. Pour comprendre les formes de cette lutte un état des lieux d’objets éditoriaux français contemporains a été nécessaire. Il passe par des collections éditoriales, des revues, des affiches et des tracts politiques, ainsi que par des visuels associatifs pour percevoir la disparité graphique de cette lutte et déterminer les causes de son absence.

Zoom sur Camera "LE TRAITEMENT DES PHOTOGRAPHIES ET DU DESIGN GRAPHIQUE DANS LA REVUE CONTEMPORAINE CAMERA."

Matilda Bruch,
EESAB Rennes, 2019

Ce mémoire étudie le lien entre le design graphique et la photographie à travers l’objet de la revue, intéressant pour sa périodicité et ses sujets spécialisés. Je me suis restreinte à la revue Camera, afin de pouvoir analyser de manière approfondie ce cas d’étude, mais aussi pour sa qualité graphique. Marie-José Mondzain et son livre L’image peut-elle tuer des éditions Bayard publiée en 2003 à Paris, a été le premier livre que j’ai lu pour mon mémoire. La lecture de ce livre a été décisive car il m’a apporté une nouvelle manière de penser l’image. Il y a eu deux phases de travail, la première étant des recherches classiques. Je suis allée à la MEP à Paris pour voir les autres numéros de Camera depuis 1950. Cela m’a permis de mieux comprendre l’évolution de la maquette de la revue jusqu’à aujourd’hui ainsi que les changements d’éditeurs. La deuxième phase de travail a été sous la forme d’entretiens avec des prises de contacts avec l’éditeur de la revue, Bruno Bonnabry-Duval, que j’ai interviewé sur Paris ; et avec la directrice artistique des trois numéros étudiés de Camera, Audrey Templier, avec qui j’ai eu un entretien téléphonique. Mon mémoire s’est construit sous la forme d’une première partie décrivant et analysant les trois numéros choisi, suivi d’une partie plus historique sur la revue. La deuxième partie retranscrit les deux entretiens de l’éditeur et de la directrice artistique. Puis après la conclusion il y a la partie annexe, avec la bibliographie et une fiche descriptive des trois numéros.

Avez-vous pensé aux marges ? - La typographie comme outil de déconsctruction des normes et de lutte pour l’inclusion de toustes : regard sur les typographies inclusives et accessibles.

Sophie Vela,
EESAB Rennes, 2023

La typographie peut-elle être vecteur de changements sociaux ? A-t-elle un rôle à jouer dans l’inclusion des personnes laissées à la marge ? Par un point historique sur la masculinisation de la langue française et une présentation du mouvement de la typographie inclusive, porté par la collective franco-belge Bye Bye Binary depuis 2018, ce mémoire s’attarde sur le rôle politique de la typographie et de l’écriture inclusive, ses manques et les expérimentations qui l’entourent. Il interroge ensuite l’écriture inclusive comme éventuel facteur d’exclusion des personnes ayant des troubles cognitifs impactant la lecture tels quel la dyslexie. Sur quoi est fondé cet argument ? L’écriture inclusive est-elle vraiment illisible ? Qu’en est-il des personnes queer ? Ne sont-elles pas, elles aussi, illisible aux yeux de certain..es ? Par des entretiens avec des personnes concernées et l’analyse de dessins de caractères spécifiques, cet essai tente de faire des ponts entre ces différentes problématiques, dans l’optique d’enfin faire rimer inclusivité et accessibilité.

[Corporalité dématérialisée et présence du corps numérique.] De l'individu spectateur à l’hybridation sensorielle et sociale.

Florent Bricou,
HEAR Strasbourg, 2023

Depuis plusieurs années, le besoin d’interaction avec l'environnement numérique s’est fortement développé pour servir une quête toujours plus profonde d’évasion à travers des environnements virtuels, besoin qui s’est vu renforcé par un puissant besoin de sociabilité né de l’éloignement physique et de l’absence de liens sociaux physiques induits par le confinement. Les frontières du virtuel, déjà abaissées, ce sont affinées de plus en plus, et nous avons vu depuis quelques années apparaître une diversité de métavers, a l’image de Horizon Worlds de l’entreprise Meta, très médiatisée. En parallèle, la recherche technologique autour de la réalité virtuelle s’est elle aussi accélérée pour s’orienter de plus en plus vers la transposition active du corps dans ces environnements nouveaux, augmentant la porosité entre ces 2 mondes pour opérer une fusion des ressentis et sensations. Pourquoi rechercher a tout pris l’évolution vers le ressenti et la fusion des mondes physiques et numériques ? Quelles évolutions ont permis d’agrandir ce rapport au corps et jusqu’où pouvons-nous aller afin de nous immerger entièrement dans ce médium ? Notre étude lors de cet écrit traitant de notre rapport complexe aux espaces numériques s’appuie sur trois axes majeurs ; l’évolution du rapport à l‘écran et les raisons poussant à vouloir interagir et s’impliquer physiquement, l’apparition du corps et le besoin de représentation à des fins d’immersion et de projection, et enfin l’arrivée des technologies vectrices d’immersion sensitive repoussant les limites au point de remettre en question l’essence même de ce que l’on pourrait qualifier de réel.

Terrorisme poétique, vandalisme politique : la délinquance graphique pour se réapproprier la ville

Anaelle Turc,
ESAD Valence, 2022

Le personnage du délinquant évolue dans les failles, il incarne une dérive vandaliste face au rangement disciplinaire. Dans ce mémoire, la dimension répressive de l'écriture illégale est décortiquée, et rend compte des dispositifs technologiques et policiers qui traquent la délinquance graphique dans la ville. Les scripteurs délinquants énoncent des signes, parfois involontairement politique, parfois fondamentalement contestataires. Ces acteurs de la nuit transgressent la ville, passent au-delà d'un monde toujours plus surveillé, et laissent percevoir le sensible dans les interstices les plus hostiles, à travers des formes graphiques de l'urgence. À partir de ressources historiques, urbanistiques et parfois philosophiques, ce mémoire donne un aperçu critique du tag politique dans l'espace urbain. De sa forme la plus brute à son contenu poétique le plus référencé, il questionne l'écriture illégale dans l'espace public, et notamment son pouvoir d'influence sur la ville et ses habitants.

La Wicca, vers un militantisme spirituel?

Manon Knasko,
ESAD Amiens, 2023

Un des courants les plus répandus du néo-paganisme, la Wicca, connaît un succès fulgurant devenant même une religion aujourd'hui reconnue aux États-Unis. Considérée comme la sorcellerie contemporaine, elle fut fondée en 1968 par Gerald Gardner et a été notamment diffusée par les milieux féministes américains dans le contexte général de la contre-culture des années 1970. Elle fait aujourd'hui partie de l'activisme féministe, écologiste et de défense des droits LGBTQ+. Mais ce militantisme questionne car il utilise des actions sociales peu conventionnelles comme le fait de jeter des sorts ou de réaliser des rituels politique. On parle alors de militantisme spirituel.

Atmos-scapes

Drice Ducongé dos Santos,
HEAR Strasbourg, 2023

Le paysage, une expérience des affects Dans ce mémoire, j’aborde la thématique du paysage mais dans la volonté d’un angle plus sensoriel, subjectif. En plaçant le curseur de la recherche au niveau de l’expérience des affects liés au paysage je pense parvenir à creuser des trous, des galleries entre des approches écologiques, philosophiques, architecturales et artistiques du paysage. De par l’entretien de ces liens ténus il n’est pas question d’apporter une vérité quelconque du concept, mais plutôt d’entamer des esquisses de nouveaux horizons sur la manière d’aborder la résonnance sujet-espace-technique, que ce soit de manière picturale ou auditive. Ainsi, à travers trois parties/essais on réussit peut-être à mettre au jour l’interface sensorielle entre l’extérieur et nous-même, entre le sentir et le ressentir, l’imaginer et le faire.

ClumsyFemLab

Philippine Talamona,
HEAR Strasbourg, 2023

ClumsyFemLab tire les ficelles entre les récits de chercheur.ses qui démontent, soudent, rêvent, performent, écrivent dans des communautés réparatrices. Non-linéaire, inutile, ou poétique, la pratique du hacking féministe se situe dans les interstices, se positionne contre le capitalisme, le patriarcat, la surveillance et la violence. Laboratoire écrit et imaginé, la maladresse engage dans ce mémoire une pratique fluide en dehors des codes et des scripts. Le rapport humain.e – plante – machine est questionné au travers de pratiques scientifiques alternatives nourries par le hacking. Réparer les corps, réparer les machines, prendre part au réseau, casser les systèmes.

LIMON DIGITAL Pour le sel* *qu'elle signifie

Magalie Vaz,
ISBA Besançon, 2022

Limon Digital pour le sel* *qu’elle signifie pourrait être défini comme un essai poétique, à la croisée des théories de l’image et des nouveaux médias. Mon intérêt s’est porté vers l’écologie de l’image, particulièrement au cycle de l’image photographique; c’est à dire les changements d’états de l’image imprimé à l’image numérique (ainsi de suite et vice versa). Pour m’emparer de ce vaste sujet j’ai écrit selon une analogie avec un superorganisme marin, la Physalie, qui m’a accompagné et aidé à structurer ma pensée. Des abysses à la surface, j’y construit mon propos selon la croissance de cette dernière. Les notions de stockage, de flux/capture, et de reproduction de l’image y sont abordées. Ce superorganisme atypique, de par sa constitution par grappes de zooïdes aux fonctions uniques, se prêtait parfaitement à l’analogie. Très vite, stocker est devenu nourrir, capturer est devenu chasser-défendre, reproduire est resté homonyme. Flotter, à l’image de la déambulation de la Physalie représente à mon sens mon positionnement avant, pendant, voir après cette recherche; c’est-à-dire que certaines zones, notions abordées restent à être éclaircies, ou découvertes. J’y pose un regard et des questionnements vis-à-vis des vestiges du passé et présent colonial (en particulier les dynamiques d’exploitation/domination coloniale sur lesquelles repose les empires du numériques), la complexité des enjeux climatiques et ma pratique du design graphique. Je m’y défini comme indigène numérique ou surfeuse digitale; qui conclut avec ces questions : pourquoi continuer à créer de nouvelles images ? Faudrait-il envisager la production d’images selon un processus de remixability comme le suggère Lev Manovitch ? Qu’est-ce qu’on voit là exactement avec des mots ? Les images peuvent-elles se substituer aux mots ? Face à des images ?

Diffusion, production et consommation de la Mode : un système cyclique ?

Lauryn Vasseur,
ESAD Amiens, 2023

Ces dernières années, la Mode, deuxième industrie la plus polluante au monde, est décrite comme superficielle et nocive pour les travailleurs et pour la planète. Elle est entrée dans le phénomène de consommation et n’a cessé d’accélérer au même rythme que nos vies, en devenant de plus en plus vicieuse. L’image du cycle est, inconsciemment, très présente lorsque l’on parle de Mode, que ce soit par le biais des éternels retours aux tendances antérieures ou bien par les récentes communications de marques, qui se veulent plus vertueuses en exposant leur fonctionnement cyclique plus « green ». Et quand on y regarde de plus près, les cycles dans la Mode sont effectivement nombreux. On a notamment les cycles des tendances, des saisons, des collections, de diffusion, ainsi que les cycles de production, de consommation et de vie des vêtements. Dans ce mémoire, j’utilise le cycle comme un outil théorique, un concept d’observation et d’analyse afin de comprendre comment et pourquoi les habitudes de consommation et de conception de vêtements tendent à être déconstruits, parfois reconstruits et d’autres fois abandonnés par les créateurs et les consommateurs ? Comment ces systèmes cycliques liés à la Mode et aux vêtements cohabitent et s’organisent d’un point de vue économique, environnemental et identitaire ? Pouvons-nous encore parler de Mode si nous abandonnons ces cycles ?

FRAGILES

Antoine Sigur,
ESAD Reims, 2022

Qu'en est-il des objets de communication pendant la crise sanitaire ? Quels en sont les acteurs ? Pourquoi sont-ils produits ? Dans quelles conditions ? A qui s'adressent-ils ? Quel est leur statut ? Quel est leur avenir ? FRAGILES, c’est plus de questions que de réponses. C’est un regard sur le fonctionnement, les ambitions, la fragilité et les contradictions d’un design graphique. C’est une tentative de dissection d’un système par le prisme de la crise sanitaire et sociale du COVID 19. FRAGILES comme les objets bien sûr, mais FRAGILES comme les idées que je me faisais d’un métier, de ses acteurs, d’un fonctionnement.

Sonoscopie d'un panacoustique

Oriane Dalles,
ESAD Orléans, 2022

Ce mémoire porte sur un domaine émergent de l’informatique décrit sous le terme anglophone de Machine Listening, qui pourrait être traduit par “écoute automatique”. Après avoir appris à nos machines à voir, il s’agit désormais de leur permettre d'entendre, et de donner sens aux sons de nos environnements, étendant le champ de la surveillance contemporaine. Les usages de ces technologies paraissent assez bénins à première vue, mais j’ai voulu explorer plus en détail ce qu’entraînait cette mise sous écoute permanente des machines, qualifiée de panacoustique par le philosophe français Peter Szendy. Cette recherche vise à dévoiler ces dispositifs, à les démystifier afin de pouvoir les replacer dans le débat public. Elle donnera les outils essentiels à la compréhension des enjeux contemporains qu’imposent l’émergence d’appareils intelligents dotés d’un microphone, dont l’utilisation devient toujours plus ordinaire. Afin d’être au plus proche du sujet, ce mémoire a été réalisé au format audio. Il est possible de l’écouter dans son intégralité à cette adresse : orianedalles.fr/panacoustique

Faire local. Comment faire du graphisme ici ?

Alexandre d'Hubert,
ESAD Valence, 2022

Ce mémoire est une enquête sur ce que pourrait-être une identité graphique locale, construite par les signes et les matériaux que ce lieu contiendrait. Animé par un souci d'écologie et de production locale et alternative, j'ai mené cette recherche en commençant par définir ce qu'est le "local" et ce qu'il contient, autant géographiquement que politiquement. S'ensuit une exploration de différentes composantes d'un territoire, principalement les signes vernaculaires et les matériaux de la couleur, appuyé par l'analyse de pratiques qui y sont liés.

Faire et défaire - Créations radicales en design graphique

Louise Sansoldi,
ESAD Valence, 2022

Je tente dans ce mémoire de déconstruire les croyances autour d'un graphisme surconsommateur, capitaliste et propriétaire. Pour ce faire, je choisis de penser de manière alternative et radicale, d'abord pour refuser les normes imposées par les systèmes dominants, mais avant tout pour créer en accord avec des valeurs qui me semblent importantes pour une société plus juste et responsable. Ce projet d’écriture gravite autour des notions de postures alternatives, de pensées et créations radicales, d'autonomie, d'économie et de « communs ». Comment être un·e designer graphique responsable, qui crée·e et diffuse du contenu ? Comment faire avec ce que nous avons, en favorisant les circuits courts, sans participer à la dégradation de notre environnement ? Comment faire sans ce qui participe à une société de plus en plus privée et inégalitaire ?

Le Syllabaire autochtone canadien, un outil de (ré)appropriation culturelle

Lia Porquet,
ESAD Pyrénées / Pau, 2022

Au 16e siècle, durant la colonisation, de nombreux missionnaires furent envoyés au Canada en vue d’assimiler les peuples autochtones et ainsi de les convertir à la culture occidentale. C’est par cette intention que le Syllabaire autochtone canadien fut élaboré et par la suite, adapté pour plusieurs langues autochtones. Etant à la fois une analyse historique, politique ou encore formelle, ce mémoire tente de retracer l’émergence de ce système d’écriture ainsi que sa place en tant que tel, que ce soit auprès des peuples mais aussi au sein du paysage canadien dans son ensemble.

Phantasia and Contemporary Issues

Clément Bournas,
ESAD Orléans, 2022

Si la fiction est aujourd’hui généralement considérée comme un simple objet de divertissement, il me semble que son usage peut être en mesure d’apporter des réponses et solutions aux troubles de nos sociétés modernes. L’observation de démarches artistiques, littéraires, plastiques et techniques qui cherchent à représenter des futurs au moyen de fictions me mène à croire que l’avenir n’est pas mort et qu’on peut encore le façonner. Ces œuvres et productions ont un rôle contes-tataire, elles viennent bousculer les idéologies dominantes qui nous plongent dans l’illusion que rien d’autre que le capitalisme destructeur ne peut être tenté. Ainsi, je me demande : Comment la fiction peut-elle ouvrir à de nouvelles voies/démarches à un design du futur à l’ère postmoderne ?

Si ma mémoire est bonne...

Daphné Lejeune,
ESAD Valence, 2022

« La médecine, c’est un art qu’on exerce, en attendant qu’on le découvre. » Citation d’Émile Deschamps (1791-1871), poète français. Rapprocher l’univers médical du design graphique soulève un nombre incalculable de questions. J’ai donc décidé de resserrer mon propos en parlant du design graphique et de l’aide qu’il peut apporter à des maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer. J’ai l’intuition que le design graphique a un rôle particulier à jouer dans le milieu médical. Il ne s’agit pas d’exercer la médecine mais de s’interroger de quel façon un design graphique pourrait aider cette dernière à explorer et découvrir des modalités d’accompagnement au traitement ou au bien-être d’une personne malade. Pour débuter cette enquête, il me fallait un point de départ, j’ai donc décidé de traiter de la maladie dont ma grand-mère est atteinte, l’Alzheimer. Alors, pourquoi ce point de départ ? Nous avons tous déjà franchi le seuil d’une porte, tout en ne sachant plus ce qu’on y fait, des oublis quotidiens, un objet que l’on porte sur nous ou même parfois dans nos mains. Ce sont des oublis, voir des troubles du quotidien auxquelles nous faisons tous face. Est-ce l’impression qu’ont les malades atteints d’Alzheimer? À travers cet écrit j'ai pu interviewer plusieurs personnes liées à ce questionnement. On peut retrouver plusieurs échanges, avec ma grand-mère, elle même atteinte de la maladie, avec une aide-soignante, un proche d’une personne malade ainsi qu’un échange avec Celine Vanlaer, designeuse d’objets. À travers cette enquête je questionne plusieurs points qui étaient essentiels à la compréhension du sujet, notamment le fonctionnement de la maladie, les espaces et les ambiances dans le monde médical, la notion du Care, la place de l’UX Design mais aussi les dispositifs numériques ainsi que les jeux vidéos mis en place pour aider les patients et les soignants.

Pour une meilleure inclusivité des systèmes d'écriture sur le Web

Pauline Stein,
ESAD Orléans, 2022

Si le Web véhicule une image de melting pot culturel, communautaire et linguistique, les faits montrent une toute autre réalité. Loin de l’idée de «village global», le Web est un lieu exclusif, voire hostile pour les systèmes d’écriture autre que l’alphabet latin. Ce constat est partagé par de nombreux.ses observateur.rice.s. En effet, le Web fut construit à partir et pour l’anglais écrit avec l’alphabet latin. Or, chaque langue et chaque écriture engendrent une logique qui leur est propre. Cela a pour conséquence d'attribuer une logique inhérente au Web. Celle-ci n’est pas systématiquement compatible avec tous les systèmes d’écriture et les langues utilisées en ligne, bien au contraire. Ces dernières font alors face à des difficultés d’écriture, d’affichage ou encore d’intégration, qui empêchent une utilisation correcte du Web. La logique de la langue anglaise est en effet partout, sur le clavier de l’utilisateur.rice comme pour les langages de programmation et le code des programmes qui fondent la logique computationnelle qui s’écrivent pour l’écrasante majorité dans la langue de Shakespeare. Dans quelle mesure est-il possible de changer la donne ? Comment mieux accueillir des systèmes d’écriture aux logiques différentes ? Quelle est la responsabilité du designer sur ces inégalités ? Peut-on en tant que graphiste, typographe, dessinateur.rice de caractères mettre en place des systèmes et des procédures qui intègrent mieux ces systèmes d’écriture ?

La langue verte, tumulte des mots argotiques

Julia Veljkovic,
ESAD Valence, 2022

Ce langage commun qu’est l’argot, est semblable à une langue que l’on aurait inventé, qui sortirait de l’imaginaire social. Pourtant, les origines de ces mots permettent de comprendre qu’en majorité ils appartenaient à d’autres cultures et localisations. On pourrait finalement se poser la question : l’argot ne pourrait-il pas être perçu comme une langue universelle ? Tous ces apports langagiers inaperçus nous permettent aujourd’hui, en France, de communiquer en une phrase du français, en passant par l’arabe puis par le roumain, pour ne citer que ces langues. On retrouve beaucoup de mots d'origine arabe tels que hagar qui signifie se faire violenter/humilier, la hess > la galère, khalass > se faire payer/se faire offrir quelque chose. En roumain, il y a marave > frapper quelqu’un, nachave > dégager/partir. Les différentes pratiques langagières des communautés qui coexistent permettent de faire émerger une interlangue qui, comme le dit Jean-Pierre Goudaillier, compose une mosaïque linguistique.

trace·ur·use

Adel Zeghoudi,
ESADHaR Havre, 2022

Inscrire, c’est laisser une trace sur laquelle le regard peut s’attarder. Au lieu de cela le geste se dilue dans l’espace, il est recouvert par d’autres gestes et s’efface matériellement aussi vite qu’il apparaît, demeurant néanmoins pour celui qui l’instaure ; pour celui qui le reçoit, pour celui qui l’attend et l’espère. Ces traces d’une partie de ce qui fait le mouvement m’ont beaucoup intrigué m’amenant à questionner les images notamment, qu’elles soient fixes ou en mouvement. Sont-elles les seules moyens de conserver les traces d’un mouvement disparu ? Permettent-elles d’enregistrer chaque geste infime d’une mouvance et dans le cas contraire est-il possible de marquer autrement ? Quelles sont les traces présentes du mouvement sportif achevé et comment celles-ci permettent au mouvement de persister ? À travers la figure du.e la trace.ur.use, nom donné aux pratiquant.e.s du parkour, une méthode d'entrainement physique issue de l'épreuve du parcours du combattant, cet écrit explore les différentes façon d'inscrire le mouvement. Entre l'archive photographique, la notation et les différentes grammaires du geste, sportif notamment jusqu'au sublime de la performance et des traces qu'elle laisse, la variété de ses medium est à l'image de la variété de formes que peuvent prendre ses inscriptions.

« We are your Friends » : Histoires de collaborations entre graphistes et labels de musique électronique

Mathilde Mary,
EESAB Rennes, 2022

Ce mémoire s’intéresse au rapports que peuvent avoir les graphistes et les labels de musique électronique. En effet, il existe plusieurs cas de collaborations durables entre ces deux partis, favorisant la création d’«identité de collection» propres aux labels. Ainsi, une unification plus ou moins présente apparait sur l’ensemble des pochettes produites, questionnant le rapport entre un artiste et son disque, mais aussi l’identité même d’un label. Doit-il posséder une image graphique précise ? Pour répondre à cette question, 9 identités de collections de labels de musique électronique actuelle seront analysées dans un premier temps, afin d’observer comment se constituent ces identités. Cela permettra également de valoriser de longues collaborations entre graphistes et labels. Dans un second temps, il sera question de comprendre plus en détails les différents acteurs, paramètres et enjeux entrant en compte dans la constitution de l’identité d’un label, et ce à travers les univers graphiques de 4 labels sans identité de collection. Au final, les 80 disques analysées au sein de ce mémoire montrent à quel point le design de pochette favorise une grande liberté de création, et permet aux graphistes de trouver de nouveaux moyens de renouveler ce médium continuellement.

Jane, Jane, Queen of Pain : gouine en cuir et lunettes de soleil

Camille Deriaz,
HEAR Strasbourg, 2022

Le conservatisme avale notre société. Dans les sens multiples de ce terme, le corps social tente de préserver une forme de mélancolie historique collective. Que ce soit à l’université où des débats sévissent à propos d’« islamogauchisme » et créent des frictions croissantes alimentées par les forces politiques, ou que ce soit dans les autres sphères publiques, des moments de rupture s’exercent. L’histoire, souvent écrite avec un grand H, nous cache bien d’autres narrations. Ne serait-ce pas le moment où les solidarités pourraient tisser d’autres formes de rapports à la connaissance ? Que de-viennent ces pluralités effacées des mémoires ? Ces mémoires de communautés, dont nous ressentont encore les effets de traumatismes engendrés par nos sociétés occidentales et coloniales, produisent des documentations à partir de ce qui n’existe plus, n’existe pas. Devons-nous perpétrer ou bien renou-veler, créer ? Comment faire reprendre corps à nos affects par des matériaux physiques, par des images et documents ? Quels assemblages émergent ? Par le prisme de l’archive traversant de nombreuses de ces questions, notamment l’his-toricisation, les vécus, la formation de lieux et les déplacements des corps. L’archive, de par son lien à la glorifiée vérité, et à la preuve scientifique néces-site d’être reconsidérée dans ses signifiants et dans ce qu’elle produit. Ce mémoire tente de démontrer les multiples possibilités qu’offrent des pratiques artistiques autour de l’archive, de ses lieux et de ses personnes avec un point de vue situé. Au travers, de rencontres, de discussions, d’échanges, de larmes, de rires, n’est-ce pas à ces endroits que se jouent les véritables constructions et proliférations de savoirs ? Peut-être que les contaminations et une modification de nos rapports au vivant pourraient constituer des voies pour des archives circulantes.

8,5x5,5cm

Amélie Blachère,
ESAD Reims, 2022

La dimension standard d’une carte de visite est de 8,5 cm de longueur et 5,5 cm de hauteur. La carte de visite est-elle réductible à ces seules dimensions standard ? Par-delà les éléments « Nom. Prénom. Adresse. Numéro de télephone. Adresse mail. », ne peut-elle nous en dire plus, nous raconter des histoires ? Je ne m’étais jamais trop attardé sur les cartes de visite auparavant. C’est en parcourant mon porte-cartes que j’ai cherché à la comprendre dans toute sa dimension.

Déjouer les machines

Romain Laurent,
ESAD Valence, 2022

La tristesse évoquée par Irma Boom passant la porte d’une librairie me revient souvent en mémoire : sur les étals saturés, tant de livres papiers auraient, selon elle, mérité de rester des fichiers PDF. La recherche de légitimité culturelle — attribuée à la forme imprimée — et sûrement une certaine inertie due aux contraintes économiques, semblent écraser la réflexion sur les potentialités inhérentes à l’objet physique qu’est le livre. Convoquer ses mots lorsque je rencontre ou conçois un objet éditorial me rappelle la pertinence intrinsèque de l’encre et du papier, et l’importance de les employer en conscience. Il n’est pourtant pas audacieux de constater leur omniprésence, malgré la montée croissante des éditions numériques. Pourtant, rares sont les travaux qui portent sur l’utilisation réfléchie des possibilités d’impression, elles-mêmes dictées par un rapport de force évident entre les systèmes techniques et lae designer·euse. Une réflexion sur sa profession, si ce n’est sur sa pratique quotidienne, m’habite : que reste-t-il de notre libre arbitre quand la machine dicte la majeure partie des conditions d’impression ? La relation nécessaire avec cet outil technique, qui rend possible la confection d’objets complexes en série, semble plus proche d’un rapport de force subit que d’un équilibre intentionnel : où se situe alors l’interstice qui permet aux designer·euses, imprimeur·euses et artistes de créer l’inattendu, le surprenant, le je ne sais quoi qui fait qu’un livre serait davantage qu’un PDF imprimé ?

Habiter la page

Sarah Lampaert,
ESAL Metz, 2022

« Il y a, en architecture, de grands plans calmes qui sont comme des marges. Il y a, dans un livre, des symétries et des alternances qui sont celles d’une bâtisse ». C’est par cette phrase que l’historien de l’art Henri Focillon conclut la préface de l’ouvrage Le Livre, son architecture, sa technique de Marius Audun. Les édifices et les livres ont des similitudes évidentes dans leur conception : on structure des espaces de vie pour l’habitant et on structure les espaces de lecture pour le lecteur. Gérard Genette, théoricien de littérature, a nommé paratexte les éléments textuels et matériels qui « rendent présent [le texte], pour assurer sa présence au monde, […] sous la forme, aujourd’hui du moins, d’un livre ». Depuis mon point de vue de designer graphique, je m’interroge sur les possibilités qu’a cette structure, ce paratexte, pour guider la lecture et nous placer dans une atmosphère particulière. Le livre est comme un foyer que l’on investit, où l’on vit des expériences, où l’on partage. De la même manière que l’architecte construit un espace qui va être habité, comment construire la page de manière à ce qu’elle soit confortable pour le lecteur ? Avec cet écrit, j’ai souhaité explorer cette question par des récits d’expériences de lecture, de visites architecturales ou encore par des analyses paratextuelles.

Le fruit d'une expérience unique

Laurie Paolin,
ESAD Reims, 2022

S'intéresser à un signe, le sticker de fruit, qui fait tellement partie du quotidien qu'on ne le remarque plus. Du moins, un élément sur lequel on se pose très peu de questions quant à sa fonctionnalité, sa place, sa signification et le reflet qu'il peut avoir sur le monde actuel. Qu'ils se trouvent dans les supermarchés, symboles de la consommation où dans un espace plus restreint de nos foyers, la corbeille de fruits, les stickers de fruits sont de par leur diversité, leur quantité, leur système d'impression industrielle, un mini objet incarnant une hyper-production reliée à une surconsommation. Aussi infime qu'il peut paraître, dû à son échelle, le sticker de fruit en révèle beaucoup sur la mondialisation, le libre-échange des marchandises, notre manière de consommer.

Emulare : Imiter la machine pour mieux la préserver

Erwan Le Rétif,
ENSAD Paris, 2022

Avec le progrès technique et l'évolution de l'informatique depuis le début du XXème siècle, la préservation des machines et de leurs supports devient primordiale. Comme le papier ou d'autres médiums utilisés pour laisser une "trace", les programmes et les machines les interprétant sont voués à l'obsolescence. La numérisation devient la seule option pour les préserver, mais comment relire ces éléments si la machine n'existe plus ? L'émulateur est un logiciel répliquant le comportement d'une machine par du code. Il permet d'imiter le "hardware" (les composants électroniques) de la machine ancienne par le "software" (le code et le logiciel). Donc une machine qui imite une machine. Bien que les codes anciens puissent être réinterprétés de cette façon, la copie ne sera jamais exactement parfaite. Quels sont les avantages et les limites de cette technique ? Imiter, est-ce forcément égaler ? Par la présentation d'exemples d'applications de l'émulation sur l'art et la création graphique et d'entretiens avec des développeurs, designers graphiques et bénévoles, nous pouvons dresser un constat de l'état actuel de la préservation du patrimoine numérique.

Matérialiser l'intangible

Adrien Bisecco,
ESAD Orléans, 2022

La recherche scientifique devient de plus en plus complexe et le grand public semble s’en désintéresser. Est-ce-que la réalité augmentée peut devenir un espace de frictions entre la recherche scientifique, le récit et les images ? En faisant dialoguer surfaces imprimés et des espaces virtuels il apparaît alors possible de faire dialoguer d’un côté une science qui peut alors trouver des mode de narration et de l’autre le design graphique, qui voit ses modes de création bouleversés par le dialogue qui s’opère entre le sujet: la recherche scientifique et le médium porteur du message destiné au public.

Horizons graphiques — entre réel et virtuel

Antoine Damay,
ESAC Cambrai, 2022

Horizons graphiques — entre réel et virtuel, est un mémoire qui interroge la pratique des graphistes aujourd’hui à l’aune d’une nouvelle forme qui semble émerger ces dernières années, celle de la réalité mixte. Cette dernière associe différents savoir-faire des graphistes, combinant techniques artisanales et numériques, monde physique et réalité virtuelle, formant ainsi un nouvel environnement d’expérimentations et de travail.

Police d'État et logo de mairie

Jeanne Saliou,
ENSAD Paris, 2022

Si les territoires n'ont en théorie rien à vendre, alors pourquoi ont-ils des logos comme les entreprises privées ? A quel moment sommes nous passés des blasons aux logos des mairie ? Depuis quand l'État Français à t-il une typographie dédiée ? Qu'est ce qu'un ou une graphiste, un ou une typographe, au service d'un territoire ? Quelles considérations éthiques, quels rapprochements du monde de l'institution publique avec le monde de l'entreprise ? Qu'est ce que le branding territorial, qu'est ce que le droit à la ville ? En me concentrant sur le paysage graphique français, j'amorce un état des lieux de la communication municipale, territoriale, et nationale, et j'essaye d'envisager le devenir de cette dernière.

Demoscene & Warez art; Comment les communautés de pirates et du téléchargement illégal se sont-elles emparées du design graphique numérique ?

Grégoire Gamichon,
ESAD Reims, 2022

Le design graphique sur ordinateur ne date pas d’hier mais n’a pourtant pas toujours été aussi évident. Avant les logiciels de conception que nous connaissons, avant la suite Adobe et avant même l’image numérique, des pirates se sont mis en tête de faire fi des limitations de la machine et ont créé un véritable langage graphique qui perdure encore aujourd’hui. Des tréfonds des BBS du siècle dernier à l’Internet de 2021, cette esthétique continue d’exister dans les réseaux interlopes, et a encore beaucoup à nous dire.

Surfaces sensibles

Audrey Gonnet,
ESAL Metz, 2022

Mon objectif est d’étudier les rapports qui existent entre cet espace si commun qu’est la rue et le graphisme. J'ai tenté de créer des liens sensibles entre le paysage rural duquel je viens et le paysage urbain. La rue a une matière que j'ai touché, manipulé, pour construire un chemin à travers ses outils de communication et ses mouvements.

Sismo-graphiste, pratiques du graphisme en action dans l'espace public et les institutions d'art

Léa Chemarin,
HEAR Strasbourg, 2022

Entre 2012 et 2014, au Havre, d’étranges signes sont tracés au sol : formes, lignes, mots et phrases sont dessinés au blanc de Meudon sur les places de la ville, micro et méga graphisme se déploient sur les trottoirs, le long des rues, sur des petits cailloux comme sur des voitures. Benoît Bonnemaison-Fitte, Marion Pinaffo, Fred Fivaz et Vincent Tuset-Anrès sont les auteurices de cette Rumeur Graphique qui interroge les habitant·es et annonce peu à peu la réouverture du Volcan après sa longue fermeture pour rénovation, bâtiment phare au centre de la ville imaginé par Oscar Niemeyer. Comment nommer ce type d’intervention graphique ? En portant une réflexion sur une sélection de pratiques graphiques que je qualifie de "directes" et "en direct", ce texte tente d'analyser comment et à quoi travaillent celles et ceux qui placent le mouvement, le "geste attentionné", la présence, la performance, au centre de leur pratique.

Paysages Linguistiques & Typographie - Le cas des panneaux bilingues français-bretons

Killian Maguet,
ESAC Cambrai, 2022

Paysage Linguistique et Typographie - Le cas des panneaux bilingues français-bretons, est un mémoire qui interroge la pratique des graphistes autour de l'harmonisation typographique À l'heure actuelle où les références typographiques sont bouleversées par un double mouvement contraire de mondialisation et de revendication locales fortes, les graphistes sont de plus en plus amenés à se confronter à la diversité des systèmes d'écriture au sein de leurs créations. Face à l'édition d'objets en plusieurs langues et aux espaces urbains mixtes, est il utile de créer de nouveaux caractères typographiques dans le contexte de paysages multilingues ou faut-il uniquement réajuster l'existant ?

Le festival comme médium de démocratisation du design graphique ou faire communauté à l’heure de la digitalisation de l’événementiel

Clément Grison,
ESAD Amiens, 2022

La société actuelle évolue drastiquement vers la digitalisation de l’événementiel et des liens sociaux entre les communautés, que ce soit par l’évolution des technologies numériques ou la crise sanitaire qui accentue la distanciation physique. Comment s’adapte les festivals de design graphique face à ce phénomène ? A la suite d’un cheminement personnel, de plusieurs années, vers la compréhension des enjeux de la culture et de l’événementiel dans le domaine du design graphique, ce mémoire répond à mes questionnements par une transmission d’expérience de personnes rencontrer, mais aussi par mes connaissances et vécu personnel acquit au travers des festivals. Cet écrit s’articule autour de trois parties, explorant des exemples concrets d’expositions, de conférences, de concours et d’événements pour comprendre le rôle du festival dans la démocratisation du design graphique. Dans un premier temps, nous étudierons la création des festivals au sein de l’histoire du graphisme, et l’évolution du Festival International de l’Affiche et du Graphisme de Chaumont au travers de ces directeurs. Ensuite, nous le décomposerons de ses événements, pour comprendre son fonctionnement, l’influence de chaque composant dans la communauté professionnelle et son impact culturel au sein de sa commune et de sa région. Finalement, nous observeront l’adaptation des événements culturel face à la crise sanitaire, que ce soit par la numérisation des événements ou justement le contact physique du festival.

Voies à sens multiples - une alternative de l'espace public urbain

Céline Bourget,
isdaT Toulouse, 2022

L’aménagement de nos espaces publics urbains relèvent principalement d’écrits superposés, accumulés qui ont différentes fonctions que ce soit directionnels, informatifs, ou publicitaires. Ils marquent, traversent, organisent, balisent et créaient finalement ce flux de regards et de mouvements uniques. À travers des cas de travaux variés et des études de terrain, il s’agira d’étudier comment le graphisme peut accompagner une envie collective de réappropriation, réhabilitation et de déplacements alternatifs dans nos espaces publics urbains quotidiens.

Le col, la caisse et le plateau. Des alternatives mobiles de diffusion et de conception éditoriale du·de la colporteur·euse à la librairie itinérante.

Nina Basson,
isdaT Toulouse, 2022

Dans cet écrit, des fils sont tirés entre la mise en circulation de micro-édition aujourd’hui et le colportage littéraire en zone rurale au XVIIe et en zone urbaine pré-révolution française au XVIIIe siècle. La recherche de ces codes qui perdurent depuis le XVIIe siècle se base sur plusieurs situations, allant des principes éducation populaire que partagent le colportage de livre en zone rurale au XVIIe siècle et les librairies mobiles actuelles qui se déplacent dans les villages reculés de France ; d’émancipation politique — le colportage d’écrits qui a fait de la rue un espace politique anti-monarchique à l’aube de la révolution française et les infokiosques qui, aujourd’hui, mettent à disposition du contenu engagé et libre de droit dans des contextes de luttes d’extrême gauche ; ou encore, à travers toutes ces époques, comment et pourquoi l’édition alternative et les structures qui la diffusent cherchent à prendre des chemins de traverse pour sortir de l’industrie du livre, sortir de la pensée unique du marché éditorial. Que ce soit donc dans les sujets abordés par les ouvrages ou par leurs contextes de production et enfin par leur contextes de diffusions qui peut parfois se rapprocher des pratiques de colportage.

Faire avec, des manières de faire ensemble, avec ses pairs, avec d'autres

Noëlie Dayma,
isdaT Toulouse, 2022

Dans la réalisation de projets, les designers travaillent au sein d'une grande et complexe variété de contextes et auprès de nombreuxses acteurices. Même si le « Faire avec » est une dimension déjà naturellement présente dans le métier de graphiste, il est possible de redessiner le périmètre attendu de ces relations avec ses pairs en y incluant des présences plus atypiques. Des relations avec commanditaires, client•e•s, proches, ami•e•s, publics, paticipant•e•s ... sont autant de façons d'imaginer une pratique du graphisme autour du terme « ensemble ». J'envisage comme une quête, tout au long de ce mémoire, le fait d'identifier et de regarder cet écosystème de pratiques collectives proposant des manières variées de faire ensemble, avec ses pairs, avec d'autres.

une étoile sur mon bureau, une fleur sur une page, des sourires dans mes messages

Coralie Dubreuil,
isdaT Toulouse, 2022

"Il est 10h27, je m’installe à mon bureau. Face à moi sur le mur, des posters, quelques post-it : des listes de choses à faire, des rappels. Sur mon bureau c’est un peu le bazar, il y a des feuilles qui trainent, certaines en boule, prêtes pour la poubelle, d’autres sont rangées dans mon classeur. Il y a aussi des crayons, des ciseaux, mon cahier, des dessins dans un coin, ma tasse à café, et ma petite lampe de bureau, toute jaune. J’ouvre mon ordinateur, mon autre bureau apparaît, tout bleu : pas de fond d’écran, ici cela me déconcentre je crois. Il y a 18 dossiers, certains sont regroupés par thèmes et d’autres un peu seul, au milieu, des fichiers mal-nommés qui trainent, et quelques images. Il y a aussi quelques aides-mémoires avec des listes de choses à faire et à penser. C’est le bazar ici aussi car j’écris un mémoire. Dans ma barre d’outils, la corbeille est remplie, et 4 fenêtres de mon bloc-note sont ouvertes. Une dizaine d’onglets sur mon navigateur ne laissent voir que leurs petits favicons divers et variés. Message : "Moi je suis chaud pour un petit resto mardi soir, histoire de fêter la fin de mon stage", c’est la fête, je note dans mon calendrier, et j’envoie un pouce en l’air tout en restant stoïque devant mon téléphone. J’enregistre, je glisse mon fichier texte en cours dans mon dossier MÉMOIRE, orné d’une icône « texte en feu » et je ferme mon ordinateur pour aller me faire à manger." Ce mémoire tente une traversé de l’histoire de l’informatique, d’internet et de nos usages de ces derniers à travers l’analyse des petits dessins que l'on y trouve : des icônes pour comprendre, converser, s’approprier, se montrer.

Paysage graphique du rap en France

Laura Rodière,
isdaT Toulouse, 2022

À travers une analyse historique, sociologique et formelle des pochettes de vinyles, CD et mixtapes de rap français des années 90, ce mémoire décrypte quelles en étaient les influences, les origines, les inspirations, et qui étaient les acteurs à l'origine de la naissance d'un nouveau genre autant musical que visuel qui révolutionna les manières de faire du son.

Aller voir

Melina Makhlouf,
isdaT Toulouse, 2022

ALLER VOIR - Des dos de gilets jaunes, en passant par l'histoire des plats traditionnels d'Abidjan, qui sont ces graphistes qui décident de sortir de l'atelier pour partir à la rencontre d'autres cultures, d'autres peuples ? Quels attitudes peuvent-ils aborder face à leur sujets ? Comment travaillent-ils, et quels sont les enjeux de leurs documentaires ? Cet écrit se veut comme une analyse de pratiques éditoriales contemporaines, impliquant pour le graphiste un travail de terrain, avec une récupération et/ou une production d'images sur place et sur un sujet particulier, avec toujours une volonté de - faire documentaire.

Let's talk graphically about sex

Anke Renaud,
EESAB Rennes, 2022

Avec un regard de graphiste, j’ai analysé des outils pédagogiques de la sexualité. A l’aide d’un petit rappel historique, nous comprenons la difficulté qu’ont eue les institutions à promouvoir ce sujet tabou dans notre société. En premier lieu, j’ai analysé des objets éditoriaux et des planches anatomiques dans lesquelles j’ai constaté des lacunes de contenus et une diversité des techniques de représentation. En effet, la sémantique utilisée est binaire,hétérosexuelle et cisgenre. La pénétration pénis/vagin pour la reproduction est l’image la plus communiquée. L’identité, l’attirance sexuelle et les pratiques hédoniques ne sont pas évoquées dans les documents les plus visibles et commercialisés. En second lieu, mon corpus se restreint en une série de brochure et de planches anatomiques qui présentent une vision inclusive et positive de la sexualité. J’analyse les modes de représentations, les techniques graphiques employées et la cohérence des contenus. Finalement, de graphismes éclectiques et lacunaires, les objets ont évolué vers plus de clarté et de choix réfléchis.Dans les objets les plus récents, il apparait une volonté d’égaliser le volume des contenus vers plus de parité et d’inclusivité de tous types de corps. Au terme de ce travail, nous comprenons la place importante des choix graphiques en relation avec le discours du document.

Deep learning génération d'image et photographie

Félix Jely,
HEAR Strasbourg, 2022

Le mémoire questionne l’usage des intelligences artificielles, plus précisément des algorithmes de deep learning dans la génération d’image. Il dresse un parallèle entre son intégration dans des pratiques plastiques avec l’apparition de la photographie. Qui est finalement l’auteur ? Qu’est-ce que renvoie l’imaginaire de la boite noire ? Puis il tente de produire une typologie des générations de décomposer ce qu’il est possible de faire avec ces algorithmes et comment les artistes arrivent à s’en servir, à détourner les fonctions de ces programmes.

Éditer ensemble : renouveler l’organisation technique et sociale de la chaîne éditoriale

Morgane Velut,
ESAD Pyrénées / Pau, 2021

Ce mémoire, retraçant les origines de l'édition à plusieurs, a été réalisé entièrement avec le langage du CSS Print. Il est imprimable à la demande depuis le site: morganevelut.fr/editer-ensemble/ sur Google Chrome.

When domenica comes

Guillaume Berneau,
isdaT Toulouse, 2019

En France, les supporteurs Ultras, qui ont à plusieurs reprises été l’objet d’études sociologiques, souffrent d’une mauvaise réputation auprès du grand public. Les médias s’attachant plus particulièrement aux débordements qu’ils peuvent occasionner n’aident pas les Ultras à se détacher de leur mauvaise image. Pourtant, aujourd’hui en France, les débordements liés à ce type de supporteurs sont rares. Une fois que l’on s’intéresse à ce phénomène, on comprend que, bien qu’ils soient excessifs, les Ultras ne peuvent pas être réduits au stéréotype qui veut qu’ils ne soient que des supporteurs violents, voire racistes. Le mouvement Ultras est avant-tout l’histoire d’une jeunesse citadine qui trouve dans les gradins un espace de liberté et d’expression. Si le stade est l’espace privilégié des productions graphiques des groupes Ultras, nous verrons comment une identité visuelle commune, en France et plus largement en Europe, semble être le résultat d’une histoire qu’il faut étudier au-delà des tribunes. En effet, on devine que les symboles, images et lettrages ne sont pas utilisés par les Ultras sans raison, et que c’est hors du football qu’il faudra chercher, football dont on ne parlera d’ailleurs pratiquement pas ici.

La transmission du féminisme aux femmes

Juliette Tétard,
ESAD Amiens, 2021

Le féminisme m'a ouverte à des questions engagées de société, d'écologie, de sociologie. La figure de Xavière Gauthier s'est imposée au fil de mes recherches comme celle d'un mentor, engagée à donner la parole aux femmes, à travers différentes pratiques d'écritures traitant d'un grand nombre de sujets actuels. Comment le travail de cette autrice continue d'influencer les femmes d'aujourd'hui ? Ce mémoire est le résultat de plusieurs phases de travail. Il est introduit par les mots de Xavière Gauthier, se présentant au fil de ses différentes pratiques d'écriture. Suit le récit de notre entretien, un échange qui s'est déroulé chez elle, en face à face. La deuxième partie de ce mémoire est structurée par toutes les notions importantes que j'ai extraites de son travail, montrant la pluralité de son champ d'action. Mais également, cette partie questionne la transmission intergénérationnelle et invoque d'autres références clés constituant ma réflexion et ma parole militante autour de ces thèmes qui nous concernent tous•tes.

Je dois vous dire pour vous expliquer pourquoi ça ne va pas de soi de dire

Lucie Sahuquet,
ESAD Orléans, 2021

Je ne corrige pas mes fautes d'orthographe pour militer contre la discrimination des erreurs. Moi je m'interesse à l'insécurité linguistique et à la discrimination faites aux gens qui ne sont pas maître de la langue. Parce que quand on parle « mal », qu'on écrit comme on parle, qu'on fait des « fautes » d'orthographe, qu'on ne connait pas un mot, on est considéré comme con. Dire qu'un truc est « mal dit » qu'un texte est « mal écrit », avec des « fautes » d'orthographe fait que ce que dis la personne est amoindri, car on lui coupe littéralement la parole pour exposer ses erreurs. C'est discriminant. Rabaisser un parler revient à rabaisser son propos. Parce qu'après on est stigmatisé sur ce qu'on va dire. Et que du coup les gens se sentent con, car on leur explique depuis l'école que comme ils parlent c'est pas bien. Ils sont donc amener à ne plus oser parler, à penser que ce qu'ils disent, et donc ce qu'ils pensent, est con. Du coup c'est que tu es inintéressant et pas très intelligent. Que si c'est mal dis, alors ce qui est dit est mal réfléchis. Le problème est que cette violence symbolique qui est faite ça empêche de pouvoir se battre, de pouvoir agir, de pouvoir s'exprimer politiquement, de pouvoir être perçu comme ayant une réflexion intéressante. Ca contraint à se considéré bête et à être considéré comme bête. On n'a pas la place, ni le droit à aucune revendication. Dans ce mémoire on va essayer de comprendre le rôle de la langue dans les rapports de force sociaux. Puis l'impact social que ça a et le rapport à la politique. Et enfin les différentes possibilité d'action à travers des projets de plasticien et designer. Dans un objectif de voir comment arriver à une démocratie de la parole.

Don't be evil

Alice Ricci,
HEAR Strasbourg, 2021

Une interface, c’est tout ce qu’il y a entre et qui permet d’échanger. Les interfaces humain·e machine, c’est donc tout ce qu’il y a entre nous, les humain·es, et les machines. Il s’agit donc à la fois d’éléments physiques, comme un clavier ou un écran, d’éléments graphiques, comme une fenêtre d’ordinateur ou un curseur, mais aussi d’éléments invisibles à l’utilisateur·rice comme un algorithme ou une base de données. Qui sont celleux qui fabriquent ces interfaces, pour qui iels le font, et dans quels contextes ont-elles été produites ? Ce mémoire a été construit comme une revue avec une approche thématique : il est composé de trois articles et une étude de cas. Chaque article aborde une période, un enjeu ou un aspect différent de l’évolution des interfaces. Il s’agit de remettre en question et dénaturaliser des choses qui paraissent évidentes dans leurs usages.

L'autoroute parallèle

Manon Raupp,
isdaT Toulouse, 2016

Jouer avec les images des autres

Margot Pietri,
ESAD Reims, 2020

Recherche autour de formes éditoriales, présentant une réutilisation de ce que l'on peut appeler «images des autres ». À travers l'étude du travail artistique et graphique de ces éditions, la recherche évolue vers la relation qu'entretiennent les artistes avec le graphisme de la scène éditoriale contemporaine. Une façon détournée de questionner la frontière entre l'artiste et le graphiste aujourd'hui.

Le Guide, (des guides). Les guides de voyages créateurs d'itinéraires

Aurore Patrolin,
ESAD Pyrénées / Pau, 2021

Le Guide, des guides a pour sujet les guides de voyages papiers. À la fois un historique, une analyse de fond et des formes graphiques des guides mais aussi une réflexion sur leur rapport à l'espace, au territoire. Avec en annexe un recueil d'entretiens de designers et d'auteurs de guides menés lors de mes recherches.

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,/ Et les mots pour le dire arrivent aisément »

Charlie Patrascu,
ESAD Pyrénées / Pau, 2021

Lorsque j'y réfléchis, le langage a toujours occupé une place très importante dans ma vie : dès ma plus tendre enfance, les hiéroglyphes égyptiens ainsi que les sinogrammes chinois me passionnaient. Comme si dès le départ, il y avait une fascination inconsciente pour les différentes langues et formes d'écritures. Peut-être est-ce dû au fait que j'ai toujours voulu savoir bien écrire et maîtriser notre langue sans jamais y être arrivé, du moins au niveau que je convoitais. J'entretiens une relation difficile avec la langue, c'est un peu comme un « je t'aime, moi non plus », car au delà du fait que la langue et l'écriture m'intéressent énormément, depuis longtemps, et sont maintenant au centre de mes préoccupations, elles restent un problème pour moi. Si j'ai trouvé dans mon écriture plastique une manière personnelle d'exprimer mon rapport avec elles, le mémoire m'a à nouveau confronté directement aux mots sans que je ne puisse leur échapper. À travers différentes références, de la littérature aux arts plastiques, en passant par la linguistique, le cinéma et même le jeu vidéo, j'explore dans ce mémoire des problématiques tournant autour de la langue et de l'écriture.

Défaut et singularité dans la création de caractères typographiques

Lola Lou Li,
ESAM Caen, 2020

Entourés par une multitude d'outils de production et de reproduction, nous sommes submergés de choix. Le développement des logiciels et l'accès au code source nous ont élargi le champ des possibles. La démocratisation des outils techniques a permis à l'utilisateur de s'y familiariser, se les approprier et d'en créer de nouveaux. Dans ce contexte d'abondance de moyen, ce travail propose d'interroger la relation corrélative entre le designer et l’outil. Je me suis alors intéressée au cas des typographes. En tant que dessinateurs de caractères, ils sont quotidiennement confrontés aux outils qu'ils utilisent, que ce soit dans le dessin manuel, la vectorisation ou bien la reproduction et la distribution. Leurs choix déterminent de façon intrinsèque l'aspect formel qu'aura leurs lettres, chaque geste est donc pensé en fonction du résultat souhaité. Certains designers valorisent les caractéristiques déterminées par l'outil qu'ils utilisent, lorsque d'autres ne les intègrent pas dans leur réflexion. Les outils de production et de reproduction sont donc moteurs de créativité évidente. Cependant, le dessinateur de caractères est confronté dans chaque technique à des contraintes, qui le poussent à les contourner voir les surmonter. Le typographe doit s'adapter, valoriser les défauts et/ou bien les solutionner.

Les objets · maman · les déchets · le travail

Mathilde Godard,
ESAL Metz, 2021

Ce mémoire est un ensemble de textes sur des sujets, anecdotes, choses vues, lues ou entendues qui sont liées aux objets. Il aborde également notre consommation d'objets, le travail, l'argent, les déchets, les rapports que nous entretenons avec les objets, comment on se positionne dans la société et comment passer de l'enfance à l'âge adulte.

La réalité virtuelle au service de la médecine

Léa Gastaldi,
ESAD Reims, 2020

Ce mémoire propose à travers des rencontres réelles ou fictives, une étude technique sur la réalité virtuelle et de son application dans le domaine médical. Le corps de l'utilisateur n'est plus face à un écran délimité dans un espace réel, mais il s'incorpore à l'image numérique. Cette immersion joue sur nos sens en proposant un autre champ perceptif. Ce conflit sensoriel déjoue les douleurs physiques des grands brulés éprouvés lors de leurs changements de pansements.

Gros bisous de...

Marie Foulatier,
ESAD Pyrénées / Pau, 2021

Aujourd'hui, on n'envoie plus de cartes postales uniquement pour leurs visuels, on l'envoie pour l'intention qu'elle représente. Les grands-parents sont toujours contents de voir qu'on pense à eux, même loin et entouré de nouveaux paysages, les amis sont heureux de savoir qu'ils n'ont pas eu la chance de partir avec nous, et n'importe quel proche est ravi de trouver autre chose dans sa boite aux lettres que des enveloppes blanches ou marrons kraft. Un beau paysage au milieu du quotidien fait toujours voyager, surtout matérialisé sur papier. Mais envoie-t-on toujours un « beau paysage »? L'histoire de la relation entre carte postale et représentation du territoire s'est un peu fait oublié avec le temps et l'utilisation que l'on a aujourd'hui des cartes postale et des visuels qu'elles transportent.

WYSINWYG

Éléonore Fines,
ESAD Orléans, 2021

La typographie, élément déterminant de la création visuelle et du design graphique aujourd'hui, est étymologiquement composée de « type » qui signifie « empreinte » et de « graphie » qui signifie « écriture ». Elle évolue conjointement avec l'émergence de l'imprimerie et est aujourd'hui un médium suscitant de multiples questions, proposant dans le contexte du numérique de nouvelles formes, souvent engagées et porteuses de revendications multiples. S'inscrivant modestement dans cette voie, mon projet tente de questionner ce médium autant dans le fond qu'il sollicite que dans ses formes, les rendant interdépendants quant au message à communiquer. L'objectif est de s'ancrer dans le monde occidental qui nous entoure en 2021, et d'en identifier les enjeux selon la problématique suivante : comment la typographie peut-elle agir en tant qu'arme de lutte contemporaine ? Dans un premier temps, il s'agira de définir le contexte contemporain et de le préciser par rapport aux enjeux ciblés, à savoir ceux de la numérisation du monde et de ses influences sur les libertés individuelles. Ensuite, il sera question d'analyser la relation entre la typographie et le pouvoir dans un cadre politique et idéologique, en partant de la naissance de l'écriture vers les débuts du code informatique. Enfin, la posture du designer graphique sera interrogée face aux enjeux des luttes actuelles d'ordre citoyen et démocratique.

L'espace des signes, matérialité du langage

Tony Durand,
ESADHaR Havre, 2018

Je propose de distinguer dans le langage trois états de matière : - un état gazeux qui renverrait à la pensée, aux idées encore confuses, en train de chercher leur forme - un état liquide, qui correspondrait à l'oralité, à la parole fluide et coulante - un état solide, qui regrouperait les différentes formes de l'écriture et de systèmes de signes visuels. Parmi ces signes, les caractères typographiques, en tant que forme élaborée d'écriture, pourraient être considérés comme le résultat d'un processus de cristallisation du langage : par leur beauté et leur variété de formes, les lettres évoquent la richesse et l'inventivité du monde minéral, qui cristallise en formes précieuses et pures. Posées sur le papier ou dans l'espace qui nous environne, elles constituent autant de joyaux issus de la lente transformation de la matière langagière. C'est à ce dernier état de matière que mon mémoire s'intéresse particulièrement, en envisageant quelques cas qui illustrent la manière dont cette cristallisation s'effectue pour former un message et aboutir à un phénomène tangible, matériellement observable.

« Bande Passante »

Léa Chaumel,
isdaT Toulouse, 2021

La bande dessinée fait partie de ma vie depuis aussi longtemps que remontent mes souvenirs. Lorsque j’ai été en âge de surfer seule sur internet, ma lecture de ces bandes dessinées s’est elle aussi orientée vers le web, que cela soit sous la forme de blog BD ou de Webcomics, je les consultais tout les jours sans faute. Aujourd’hui alors que je commence ma propre pratique de la bande dessinée, c’est vers Instagram (comme beaucoup de mes auteur.ice.s favori.tes) que je me suis tournée. J’ai voulu explorer les différentes formes que ces bandes dessinée peuvent prendre sur ces nouvelles plateformes, comment celles-ci s’adaptent à ces supports. Les liens et différences entre la bande dessinée papier et digitale, l’impact d’un public présent pour la première fois lors du processus de création, et son influence sur les auteur.ice.s. Comment ces plateformes ont fait évoluer la bande dessinée et comment elles continuent de la transformer aujourd’hui. J’ai effectué la majorité de mes recherches sur mon compte Instagram @bande.passante, ce compte m’a servi pour ma prise de note mais aussi pour tenter d’infiltrer en tant qu’autrice le monde de la bande dessinée sur internet.

Le musée au bout des doigts

Clémentine Campredon,
isdaT Toulouse, 2020

Le musée au bout des doigts » est un mémoire qui pose un regard sur les différents types de médiation mis en œuvre par les musées pour donner accès à leur collection au public déficient visuel. Afin d’en saisir les enjeux et nous demander si les moyens mis en place pour « faire voir » une œuvre permettent d’avoir une expérience esthétique.

Les plaques à trous

Estelle Brossard,
isdaT Toulouse, 2021

Les poncifs, gabarits, normographes, trace-lettres, trace-formes ou pochoirs offrent des possibilités de reproduction, transmission, d'appropriation et de jeux avec les formes qu'ils diffusent. Manipulés depuis la Renaissance dans l'usage de la peinture de fresques, ils ont su s'adapter et répondre aux évolutions des techniques et des besoins, qu'ils soient artisanaux, industriels, pédagogiques ou dans le domaine du design graphique. Les plaques à trous dans leurs conceptions se confrontent à des pratiques, des normes, des habitudes, des manières de faire, c'est à dire tout une somme de facteurs qui font partie du processus de création sans forcément y apparaitre explicitement. La multiplicité des approches possibles des plaques à trous entre manipulation, jeu et appropriation, collectives ou personnelles, invitent à penser la frontière entre le dessin de lettre et le dessin figuratif, à différentes échelles du mur à la page, du plan au volume.

Je lis, je monte, j'édite : j'écris.

Andréa Bouin,
isdaT Toulouse, 2021

Ces dernières années, une réelle obsession a fait que je me suis prise d’affection pour un certain genre de livre. Un genre que moi-même, j’avais du mal à définir. Je parlais alors d’une certaine sensibilité éditoriale. Mais je me suis rapidement retrouvé en difficulté pour écrire à ce sujet. J’ai donc choisi, dans un premier temps de m’appuyer sur les textes d’Ulises Carrión présent dans "Quant aux livres", car en effet, je me suis rendu compte que beaucoup de passages de ces textes racontaient ce que j’essayais de dire, d’autres textes l’explicitait aussi si j’y apportais quelques modifications. C’est comme cela que j’ai commencé à rayer/modifier des textes, et c’est devenu ma méthode d’écriture pour ce mémoire. À travers cette méthode, j’y vois une tentative de réponse à mes propres problématiques formelles.

Shhh Crac Boum

Camille Blandin,
isdaT Toulouse, 2020

La bande dessinée, par définition physique, est silencieuse, puisqu'imprimée sur papier. Aucune bande son audible ne vient la soutenir, comme c'est le cas du cinéma par exemple. Pourtant, elle raconte des histoires qui parlent, crient, murmurent, se taisent, grondent, chantent, explosent, bourdonnent, crissent, résonnent, soufflent, vrombissent... Couchée sur des pages blanches, la bande dessinée a dû se créer sa propre bande son, avec les moyens dont elle dispose. C'est un processus qui a mis des années à se développer, et qui est loin d'être terminé. Comment exprimer, avec un crayon et une feuille de papier, ou plus récemment une tablette graphique et un ordinateur, que la voiture démarre, que son moteur se met à tourner, sans pour autant se permettre de l'écrire mot pour mot ? La question sonore a dû se poser dès que la bande dessinée est apparue.

Idiome

Camille Bauer,
ESAL Metz, 2020

À travers ce mémoire, je propose un corpus d'œuvres dans le but de constituer un terrain commun d'expérimentations et de communication pour tous les usagers (voyants, non-voyants, non-entendants), pour en comparer les différentes expériences sensibles. Outre la mienne, je présente également celle de différents interlocuteurs qui ont souhaité me faire part de leur expérience. Mon travail de recherche aspire à utiliser différents systèmes de langage comme outil pour créer des formes graphiques, mais également comme outil qui rassemble différentes communautés, et qui fait appel à la sensorialité.

Analogies Telluriques

Élisa Barbier,
ESADHaR Havre, 2021

Mon mémoire constitue une tentative d'approcher de près l'intérêt universel et transgénérationnel de l'Humanité à l'égard des gemmes, et d'identifier la singularité des regards portés sur ce sujet par plusieurs designers contemporains. Dans quelles mesures les gemmes façonnent-elles notre rapport au monde et au design ? De quelles manières peuvent-elles contribuer à penser et pratiquer le design ? Peut-on adopter une vision dialectique et pragmatique des cristaux ? De l'évident au complexe, les pierres précieuses sont observées : origines, histoire de la classification minéralogique, soins thérapeutiques, couleurs et mathématique de la structure cristalline précèdent l'étude des approches de Roger Caillois, Bruno Munari et Joseph Müller-Brockmann. Tous trois intimes du design et de l'art, ils projettent l'image des pierres ou en déduisent des concepts de création fondateurs de visions originales.

#Pipelettes

Morgane Alavès,
isdaT Toulouse, 2019

Marketing de l’engagement, stratégies commerciales et militantes

Lucie Elmaleh,
isdaT Toulouse, 2020

Les stratégies marketings de l'industrie laitière font appel depuis des décennies à un panel d'images et de stéréotypes divers pour construire un imaginaire du lait aujourd'hui bien ancré dans les esprits. Le but de ce mémoire est de comprendre ces images, leurs origines et l'évolution des représentations en tant que reflet des préoccupations sociétales. Comprendre ses stratégies marketings, c'est pouvoir faire des achats conscients à une époque où notre consommation peut être un choix politique à part entière et possède un vrai impact sur la société. L'industrie laitière utilise aujourd'hui une esthétique militante à des fins commerciales. Ce mémoire regarde également comment les militants s'adaptent à cette récupération de leur esthétique.

Dysposer les images. Dispositifs polymorphes de la pensée dispersée

Tiphaine Lacroix,
ESADHaR Havre, 2018

Dysposer est pour moi une manière de réouvrir ma pratique du design graphique. C'est un acte qui me permet de repenser sans cesse des formes, qu'elles soient visuelles, textuelles ou hétérogènes, mais c'est surtout un acte qui me permet de revoir, dans le sens de voir autrement (une méthodologie citationnelle). Ce processus non-figé me sert à poser ma pensée, et de faire évoluer - en même temps que mes lectures ou mes images s'accumulent - cette dernière ainsi que les formes qui en découlent. S'il y a beaucoup de questions dans ce mémoire qui ne trouvent pas complètement, ou pas du tout, de réponses, c'est que le questionnement est tout aussi - voire plus - nécessaire et primordial que le fait d'élaborer des explications, ou plutôt que se sont des choses, des problématiques en devenir qui prendront corps un jour ou l'autre, au fil du procédé.

L'aventure du jeu

Julian Lagoutte,
ESAD Valence, 2019

Le jeu n'est pas seulement une activité marginale à laquelle chacun s'adonne pour son plaisir. Ce mot de trois lettres, qui nous semble évident, et avec lequel nous sommes si familier, cache en réalité une complexité de notions qui s'entremêlent. C'est cette complexité que j'ai tenté de disséquer dans ce mémoire, tout en questionnant l'analogie trop répandue entre jeu et divertissement, pour me poser la question suivante : et si le design graphique pouvait être joué ? Je tente alors, à la manière d'un « explorateur du jeu », de déceler la jouabilité du design graphique. Comment un designer peut-il jouer sa pratique et en quoi ceci peut-il faire office de méthodologie de travail ?

Nos Revues

Louise Turner,
isdaT Toulouse, 2019

L'imitation de vitesse

Benoît Guimier,
isdaT Toulouse, 2020

Le paysage urbain n'est pas seulement un espace construit par les hommes, c'est aussi une succession de traces qui se superposent sur le sol, les murs et les supports d'affichages. Ces traces sont des indices graphiques de notre présence et de nos activités. Signalétique, publicité, graffitis etc... participent alors à la construction du palimpseste urbain. L'organisation spatiale de ces signes dans l'espace public se concentre sur et à proximité des voies de communication, routes, voies ferrées ou piétonnes et de tout tracés suffisamment fréquentés. Ces espaces et leurs usages sont propices à leurs présences et à leurs gigantismes. Certains de ces signes monumentaux ont pour vocation de guider l'usager en transit. Ils nomment les espaces, indiquent des directions, interdisent ou restreignent certains usages. Les marquages au sol du code de la route sont probablement les exemples les plus parlants dans cette catégorie. D'autres sont placés à proximité immédiate des voies de circulation afin de bénéficier de l'affluence d'usagers. Ils ont donc une forte visibilité. On retrouve sans surprise la publicité sous toutes ses formes, des graffitis et les enseignes commerciales qui jouent un double jeu signalétique et publicitaire. Les graffitis présents sur les murs des périphériques ou le long des tracés ferroviaires illustrent bien ce phénomène d'appropriation d'un espace à fort trafic et donc forte visibilité. Le gigantisme de ces signes est la conséquence directe de leur espace de diffusion qui est celui de la vitesse.

Cinéroman, roman-photo : objets graphiques & mémoriels

Jessica Moly,
ESAD Pyrénées / Pau, 2021

Le cinéma a influencé notre rapport à l’image et notamment la manière dont on a pensé la photographie. L’évolution parallèle de ces deux médiums a fait émerger de nouvelles formes de lecture d’images comme le cinéroman ou bien encore le roman-photo. Ces deux genres ont en commun les références cinématographiques dont ils sont en quelque sorte des produits dérivés. Les différences toutefois ne sont pas négligeables. […] Considérés comme des objets de sous-culture de consommation, quelque peu honteux, le cinéroman et le roman-photo n’étaient pas destinés à être valorisés. Si le genre est considéré comme mineur, il offre cependant une diversité insoupçonnée.

Entre réalité et esthétique : quand les sciences représentent l’invisible

Gaëtan Thirion,
ENSBA Lyon, 2021

On a pu décrire le XVIe et le XVIIe siècles comme le moment d’une éclosion de la philosophie naturelle et de l’observation des phénomènes de la nature. Mais, de façon inattendue, rendre compte de ces phénomènes à un lectorat habité par la libido sciendi a ouvert à une forme d’inventivité visuelle qui pourrait aujourd’hui faire du scientifique un artiste. La réciproque a aussi existé. De nos jours encore, la question de la représentation est centrale à tout exposé scientifique, surtout s’il vise la vulgarisation. Sur cette ligne de temps assez large, quelles formes ont pu être convoquées pour dire l’invisible de l’infiniment grand ou de l’infiniment petit ? La fabrication et la circulation de ces représentations inventives ou inventées questionne un discours de la représentation fait de rêveries lucides avec lesquelles le scientifique dépeint, et le peintre « scientifise ».

Post Pop

Marjorie Bozonnet,
ESAD Pyrénées / Pau, 2020

Post Pop tente de sonder, décomposer, séquencer, l'évolution de la pensée post moderne, par la popularisation de la musique électronique, à travers le groupe Allemand Kraftwerk. La time line de ce document sample de manière non exhaustive les événements historiques & politiques du XXème siècle, mixant influences esthétiques et philosophiques aux rythmes des inventions technologiques, pour produire la bassline de la musique électronique.

Des cartes pour changer le monde

Lou Lefrançois,
isdaT Toulouse, 2021

Les cartes sont nées dans un lien fort avec le territoire. Elles ont aidé à le parcourir, le découvrir, le conquérir, et l’aménager. Depuis un siècle les cartes se sont démocratisées, popularisées et nous en utilisons tous, chaque jour. Leur utilisation est désormais commune et quotidienne mais elles demeurent des outils de projet et de pouvoir que l’on peut s’approprier pour changer le monde...

Construire avec le graphisme. La mise en fête d’un espace, l’exemple des Jeux olympiques de Los Angeles 1984

Pauline Duret,
isdaT Toulouse, 2021

Quel est le rôle du graphisme dans la constitution d’un événement ? Peut-on transformer un espace commun en un lieu de fête simplement avec les moyens du graphisme ? Avec le projet des Jeux olympiques de Los Angeles 1984 comme ligne directrice, diverses références viennent alimenter ce mémoire pour tenter de comprendre comment le graphisme peut construire.
À travers ces réflexions, se pose la question du rôle du design graphique dans l’espace. En choisissant d’adopter un point de vue positif sur cette question, nous plongeons dans l’univers
de la fête, des pratiques traditionnelles aux événements contemporains pour proposer nos réponses. Plus que des outils, les constructions graphiques observées dans ce mémoire révèlent le rôle essentiel du graphisme comme accélérateur social.

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