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Les Supplétives : la machine à écrire, outil d’invisibilisation du labeur féminin

Eve Satouf,

ESAD Valence, 2026

Supplétive, adj. et n. — Du latin supplere, « compléter ce qui manque, remplir un vide, assurer la continuité ». Elle est ajoutée en supplément, en renfort, en marge. Accessoire, annexe, auxiliaire, celle dont la présence soutient sans jamais être reconnue comme nécessaire. Cette figure prend ici corps dans un métier et un geste précis : celui de la dactylographe. À partir de la fin du XIXᵉ siècle, la machine à écrire ouvre aux femmes les portes du bureau, tout en les y maintenant à une place subalterne. Elles transcrivent sans signer, exécutent sans décider, rendent possible un travail dont elles ne sont jamais reconnues comme les autrices. Un geste répété jusqu'à la discipline, une vitesse exigée jusqu'à l'effacement du corps qui l'accomplit. C'est cette figure paradoxale que ce mémoire cherche à suivre. Comment une présence peut-elle devenir indispensable tout en restant invisible ? Comment cette invisibilité s'inscrit-elle dans les gestes et les espaces du travail de bureau ? Et surtout, comment l'image — publicité, photographie, presse — a-t-elle participé à fabriquer la figure de la dactylographe, jusqu'à fixer dans nos imaginaires la place qui lui était destinée ?

eve.satouf@gmail.com

@evesatouf

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