LA TRIBUNE

Entretien avec Geoffroy Garcin à propos de son mémoire Burin, Roseau, Plume

07.05.26

Diplomé.e ENSAD Nancy, promotion 2026

Quel est le sujet de ton mémoire ?

C'est un mémoire qui questionne nos relations au vivant au travers de la pratique de la typographie. D'une certaine façon, comment peut-on retisser nos relations au vivant par le prisme typographique ?

Comment ton intérêt s'est-il porté sur ce sujet  ?

J'ai toujours eu un attrait pour le vivant, j'ai grandi dans les champs, les collines, alors la thématique de l'environnement et sa considération est venue assez rapidement. Le tout était de lier cela à une pratique de design graphique et depuis quelques années je travaille beaucoup la typographie alors l'intégration du vivant au sein de cette pratique est devenu une façon de pouvoir manifester un positionnement politique.

Pétronille - Trace : police de caractères dont la première graisse est un revival d'un caractère du premier livre imprimé en Lorraine, cette seconde graisse correspond à sa représentation par un enjeu écologique, le scolyte, un coléoptère qui ronge les éc

Peux-tu nous parler de ta méthodologie de recherche ? (pratique de terrain, réalisation d'entretiens, collecte, objets observés… etc)

J'ai tout de suite commencé à écrire, même si cela allait être modifié par la suite il fallait que je me lance. Ensuite j'ai rencontré toute les personnes dont la pratique pouvait être lié, il y en eu une quinzaine, certaines n'ont pas trouvé leur place dans le mémoire, mais cela permet aussi de créer un premier contact pour l'après-diplôme.

Est-ce-que ton processus de recherche s’est traduit dans la conception graphique de ton mémoire ?

J'ai choisi de réécrire chaque entretien, de façon narrative, c'est une sorte de grande promenade où je vous mène, et donc la forme graphique suit ce modèle. C'est un format qui s'inspire du livre de poche, avec la douceur du papier, le confort de lecture, et surtout l'économie d'encre pour quelques considérations de l'écologie et de l'imprimerie grâce à une colorimétrie uniquement en nuances de gris.

Quel influence ton mémoire a-t-il eu sur ton projet de diplôme ?

C'est une sorte de premier regard, le diplôme est directement dans le suite. Comment après avoir lu et rencontré toutes ces personnes, je créé une police de caractère qui représente un territoire et ses enjeux écologiques.

Poursuis-tu encore un travail de recherche ?

Pour le diplôme j'ai eu beaucoup de documentation, j'ai d'ailleurs hésité à écrire un second mémoire pour concilier l'ensemble de ses recherches dans une réflexion globale. La recherche est peut-être le point qui m'anime le plus dans le design graphique, aller quelques part sans savoir, mais dont on apprend tout au long du chemin.

Peux-tu définir l’impact de ton mémoire sur ta pratique graphique aujourd’hui ?

Il m'a permit d'établir des contacts, de voir que je n'étais pas le seul à m'interroger sur ses pratiques. Je ne dirais pas qu'il y a eu un avant et un après radical, mais plutôt une confirmation. Ce sujet de recherche m'habite depuis longtemps et aujourd'hui il est vraiment devenu mon fer de lance.