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The most gorgeous special things on Earth
Nina Dieutre-Jovovic,
ENSAD Paris, 2026
« Kitsch » est un mot qui a toujours résonné à nos oreilles et que nous avons toutes et tous déjà utilisé pour qualifier un objet, une œuvre ou un style. Souvent moqueur, le terme renvoie d’abord à une forme de mauvais goût, associée à une surcharge décorative à rebours d’un imaginaire de l’élégance fondé sur la sobriété. Il suscite un regard amusé, parfois condescendant, de la classe moyenne supérieure envers les classes populaires : celui qu’une culture dite légitime porte sur des formes esthétiques jugées inférieures. Revenir aujourd’hui sur le kitsch, c’est chercher à comprendre ce qui touche à quelque chose de profondément humain. C’est aussi tenter de le réhabiliter à travers le regard de ma génération, dans une époque toujours plus sombre. J’aimerais l’envisager comme une boussole, un outil d’analyse à la fois politique et culturel du monde, reflétant l’homme à travers les différentes périodes de son histoire. Mais surtout, comme un outil permettant de saisir la capacité de renversement qu’il peut revêtir en tant que forme de lutte symbolique. Comment le kitsch peut-il alors apparaître comme le symptôme d’une mutation globale ? Et surtout, comment se perpétue-t-il aujourd’hui, sur le plan culturel, à travers nos nouveaux modes de communication ?
ninadieutre@gmail.com