×
?
Le lien entre l'homme et le vivant. Une exploration à travers le graphisme, le droit et les représentations animales.
sarah blanc,
ESAD Amiens, 2026
Ce mémoire interroge la manière dont nos sociétés construisent leurs relations au vivant à travers les médiations graphiques, culturelles et juridiques qui façonnent la figure de l’animal. Le cochon y apparaît comme un cas particulier, non pour réduire l’analyse à cette seule espèce, mais parce qu’il concentre des tensions qui éclairent plus largement la façon dont nous représentons, jugeons et transformons les animaux. Familier et tabou, valorisé et déprécié, il devient un révélateur de la logique générale qui encadre le vivant non humain. L’enquête s’ouvre sur l’importante histoire de l’imagerie animalière. Bestiaires, drôleries, fables et imprimés ont établi un ensemble de signes qui disent moins l’animal que l’humain. Loin d’être de simples illustrations, ces représentations ont servi à instruire, moraliser ou classer, structurant des imaginaires qui perdurent aujourd’hui. Cette dimension normative se prolonge dans les procès d’animaux du Moyen Âge, où la justice attribue une responsabilité symbolique à des bêtes jugées et exécutées selon des formes textuelles très codifiées. L’étude des sentences, registres et mises en page montre comment l’écriture du droit fabrique, elle aussi, une vision du vivant. Ces héritages rencontrent nos pratiques contemporaines, marquées par l’effacement progressif de la mise à mort du cadre domestique et par l’industrialisation de l’élevage. Les représentations actuelles, qu'elles soient publicitaires, militantes ou alimentaires, perpétuent d’anciens schémas symboliques tout en invisibilisant la réalité matérielle du vivant devenu ressource. Ce mémoire pose ainsi une question centrale : comment les images, les normes et les discours graphiques façonnent-ils notre manière de penser, juger et consommer les animaux ? L'analyse par le prisme du cochon ouvre sur une réflexion plus large : représenter le vivant, c'est déjà agir sur lui. Mettre en forme le droit qui l'encadre, c'est orienter la manière dont nous le percevons et dont nous choisissons, ou non, de le protéger.
sarahalba.blanc@gmail.com