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Créer Du Faux Inspiré Du Vrai
Eugénie Joly,
ESAD Reims, 2026
TOUTE REPRODUCTION DE CE DOCUMENT EST STRICTEMENT INTERDITE Au cinéma, la crédibilité d’un univers repose souvent sur des éléments que l’on remarque à peine : affiches, emballages, courriers, titres de transport, pièces d’identité, billets de banque ou marques fictives manipulés par les comédiens et intégrés aux décors. Le graphiste pour le cinéma conçoit ces objets pour qu’ils paraissent réels à l’image, sans avoir vocation à l’être dans le monde réel. Cette pratique, située au croisement du design graphique et du département artistique, partage avec la contrefaçon une même exigence de précision : choix des papiers et des encres, typographies, patines, gaufrages ou détails de fabrication. Pourtant, là où le faussaire introduit le faux dans la réalité afin de tromper, le graphiste de fiction introduit du réalisme dans une histoire pour servir l’immersion. Cette frontière entre imitation et légalité soulève néanmoins des enjeux importants, notamment lorsqu’il s’agit de reproduire des documents officiels ou des moyens de paiement. Marquages « spécimen », autorisations, traçabilité, restitution, destruction et processus de clearance permettent ainsi de maintenir cette illusion dans un cadre légal. À travers l’étude des techniques, du métier sur les tournages, de témoignages professionnels et de représentations comme Catch Me If You Can, cette recherche interroge la place du graphiste comme artisan de l’ombre : un « faussaire légal » dont le travail consiste à rendre le faux crédible, sans jamais le laisser devenir réel.
eugenie.joly@hotmail.com